Il a attiré plus de 2000 spectateurs, vendredi soir, à Gayant-expo.

Il a le magnétisme animal d’un Jim Morisson, la voix nasillarde du chanteur de Placebo, et la bénédiction de William Sheller, qui lui a fait confiance.

Il aime Rimbaud- comment pourrait-on d’ailleurs le lui reprocher? - et affirme clairement ses opinions anti extrême droite, parlant « d’amnésie suicidaire» à propos des quelque 20% d’électeurs ayant apporté leur vote au FN.

«Nous sommes, nous sommes, la Nation des Droits de l’Homme, la Nation de la tolérance, le pays des lumières… Fils de France, nous sommes à l’heure de la Résistance…»

À Douai, Damien Saez était en pays de connaissance, sur la terre d’adoption de son père spirituel, Rimbaud, le révolté.

Comme lui, Damien Saez balade sa mélancolie, chante à qui veut l’entendre son mal de vivre et toutes ses interrogations qui l’étouffent: le pourquoi de l’existence, la vie après la mort, le bien et le mal…Ses textes sont construits, sa musique, énergique. «Au revoir, pauvre monde… À nous deux Satan…»

Alors «Quel est le choix? La vierge ou la putain? Marie ou Marilyn?…. » Peu importe après tout, s’il y a le frisson. Et ça aussi, Damien a su le donner à son public.

J.-F.GUYBERT