[center][b] The Wackness [/b](2008)<br /><br />[img]http://onecity.files.wordpress.com/2008/08/the_wackness_movie_poster.jpg[/img][/center]<br /> <br />[quote]New York, été 1994. Giuliani vient d'être élu maire de la grosse pomme. La capitale de la musique et de l'art vibre dans la moiteur d'une canicule au son du hip hop qui explose à ce moment dans ses rues.<br /><br />Luke est un jeune loser perdu dans l'immensité de sa ville. Il deale de l'herbe pour subvenir à ses études. Luke se sent hors-cadre. Pas de potes, puceau, des parents endettés et l'université au bout des vacances. Dans cette vie sans horizon et sans motivation, il se remet en question à l'aube de son entrée en fac à l'automne prochain, et erre dans la ville pour rester loin du climat familial décomposé.<br /><br />Le docteur Jeff Squiers, psychiatre, approche la soixantaine et s'ennuie fermement durant les longues journées de consultations de ses patients dont il commence à s'emmerder plus qu'autre chose, avant de retrouver une femme avec qui il n'a plus aucun désir ni lien, se cotoyant comme des étrangers. Il se sent vieillir trop vite sans pouvoir réagir.<br /><br />Avant, Squiers était client de Luke en l'ayant découvert par sa fille. Désormais, Luke est patient de Squiers, le rémunérant en herbe pour les consultations. Les 2 hommes commencent à parler chacun de leurs soucis à l'autre et établir une curieuse relation d'amitié et de confidence. <br /><br />Eviter l'effondrement, se sentir vivant, faire l'amour, gérer son blues, vendre son herbe, Luke Shapiro et le Dr Squires vont traverser l'été et la ville à la recherche d'aventures, de filles et d'un sens à leur vie.[/quote]<br /><br />Mon plus gros coup de coeur sur 2008 je crois bien. Un film brillant, triste, subtil, acidulé, mordant et plein d'espoir et d'humanité à la fois. <br /><br />Le film s'axe sur la rencontre puis les parcours solo puis commun de Luke et du Dr Squiers, avec un double fil narratif qui s'entrecroise au fur et à mesure de l'avancement des problèmes et de la vie de chacun.<br /><br />La bande son est magistrale, que du roots du début 90's qui restitue parfaitement la symbiose d'époque de "respirer la ville" par le hip hop. Nas et son [i]illmatic[/i], le Wu Tang Clan, Notorious BIG qui explose à ce moment, A Tribe Called Quest (avec dans le film la sublime [url=http://www.youtube.com/watch?v=ZrlJX7DzLhI][i]can i kick it[/i][/url] qui sample la ligne de basse de [i]walk on the wild side[/i] de Reed)... un hommage à Biggie durant les séances zik, et une culture qui transparait dans l'atmospère du film sans explorer le fond purement technique. Là où les habituels film de hip hop nous plongent dans les battles, les break sessions ou l'univers des maisons de disque, [i]The Wackness[/i] prend le NYC hip hop et l'an 94 comme toile de fond à des parcours initiatiques, et est vécu de l'extérieur, d'un petit blanc d'origine modeste et d'un vieux hippie reconverti. Ainsi, le visuel marque bien l'impact street de cette année : les éternels Superstars de Luke, les blocks parties organisés à la ramasse dans les rues et sur les toits, les looks propres à la babylonienne NYC, la bande son, les mixtapes.. ode à la culture 90's de la cassette, parfois la photo et l'ambiance m'ont fait penser à [i]Be Kind Rewind[/i] de Gondry.<br /><br />Les persos secondaires apparaissent en nombre restreint et ont tous un rôle à jouer d'importance et sont différemment travaillés tout en restant crédible. Les familles font vraiment flipper d'abord parce que c'est la désillusion totale que connait depuis les générations actuelles sur le rêve américain de la vie de couple, et parce que ça rappelle forcément à des souvenirs personnels quand on est enfant de cette fin de siècle. [i]The Wackness[/i] m'a énormément parlé pour son propos situé déja quinze ans en arrière mais qui n'a fait que se démontrer encore plus au fil du temps. Ceux qui ont vécu le mouvement hip hop et la fin des 90 adolescents ou adultes à l'époque devraient se retrouver encore plus dedans.<br /><br />Jonathan Levine réalise un film sur l'adolescence un peu nostalgique, ancré dans une époque qui semble signifier beaucoup de sa propre jeunesse. On y sent du vécu, l'envie d'imprimer le rythme d'une époque chérie, d'évoquer.<br /><br />Quand aux personnages, ils sont en béton et attachants. Luke est un loser paumé tout le temps dans la lune (parfois il me rappelle énormément Michael Pitt) qui n'arrive pas à camoufler ses défauts et son comportement gauche en société. A défaut d'apparaitre comme populaire, il fait preuve d'une intégrité maladive quand il commence à éprouver des sentiments pour une fille qui à la base n'était qu'une partie de jambes en l'air. Et les conséquences lourdes de ces sentiments qui suivent avec. <br /><br />Quand au Dr Squiers , le cliché du psy blasé/fou est réutilisé mais totalement maitrisé, et en fait un personnage complexe, très bordélique, paumé et allumé en même temps, et surtout attachant à souhait. J'ai vraiment éprouvé de la peine devant le film en voyant sa vie de couple s'effilocher avec l'âge et ses tentatives de reconstruire quelque chose, en dehors ou en dedans d'elle.<br /><br />Quelques apparitions rigolotes : Method Man qui a une tronche de bluesman prolo avec sa casquette et sa barbe et une des soeur Olsen en hippie dreadlockée défoncée en permanence qui passe ses apparitions à danser sans percuter personne.<br /><br />Un film qui peut aussi évoquer les ambiances du morceau [i]la vie en juin[/i] de l'Atelier. Le film tire autant New York et ses paysages l'été en personnage à part accompagnant les 2 protagonistes du film. La photographie est mélancolique, vintage et maitrisée, la bande son colle à chaque parcelle de béton et le doublage français est pas transcendant mais rentre pas trop mal, mais il doit rendre encore mieux en VO.<br /><br />[i]The Wackness [/i]est un beau film, lucide, frais et humain, dans la lignée de [i]The Big Lebowski, Animal Factory[/i] ou [i]Le Péril Jeune[/i]. Un copain qui a vu les 2 l'a récemment comparé à [i]Juno [/i]aussi. C'est le genre de film difficile à raconter et qui faut voir pour vraiment comprendre et accrocher, à la coolitude assumée, avec de vrais moments poignants dans la toile des différents sentiments qui enveloppent des personnages hauts en couleur, et une véritable identité personnelle dans le fond de l'oeuvre. C'est aussi simplement un film plein de nostalgie, celle d'une décennie, de la musique, de la jeunesse, du temps qui passe. Avec la rencontre d'un ado dealer de weed emprunt à ses pulsions sexuels et un vieux psychologue légèrement atteint du syndrome de Peter Pan.<br /><br />Levine nous entraîne avec virtuosité dans un été plein de remises en question et de découverte de soi à NYC. Ben Kingsley est touchant dans son rôle de rêveur brisé, psychologue doux dingue et Josh Peck fait sourire dans toute sa maladresse et sa fragilité. Un film sur les espoirs et les  déceptions qui s'arme d'une bande d'époque pour nous faire réagir sur ce que nous étions, ce que nous sommes et ce que nous voulons être.
Koma Il y a 13 ans

The Wackness (2008)<br /><br />
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New York, été 1994. Giuliani vient d'être élu maire de la grosse pomme. La capitale de la musique et de l'art vibre dans la moiteur d'une canicule au son du hip hop qui explose à ce moment dans ses rues.<br /><br />Luke est un jeune loser perdu dans l'immensité de sa ville. Il deale de l'herbe pour subvenir à ses études. Luke se sent hors-cadre. Pas de potes, puceau, des parents endettés et l'université au bout des vacances. Dans cette vie sans horizon et sans motivation, il se remet en question à l'aube de son entrée en fac à l'automne prochain, et erre dans la ville pour rester loin du climat familial décomposé.<br /><br />Le docteur Jeff Squiers, psychiatre, approche la soixantaine et s'ennuie fermement durant les longues journées de consultations de ses patients dont il commence à s'emmerder plus qu'autre chose, avant de retrouver une femme avec qui il n'a plus aucun désir ni lien, se cotoyant comme des étrangers. Il se sent vieillir trop vite sans pouvoir réagir.<br /><br />Avant, Squiers était client de Luke en l'ayant découvert par sa fille. Désormais, Luke est patient de Squiers, le rémunérant en herbe pour les consultations. Les 2 hommes commencent à parler chacun de leurs soucis à l'autre et établir une curieuse relation d'amitié et de confidence. <br /><br />Eviter l'effondrement, se sentir vivant, faire l'amour, gérer son blues, vendre son herbe, Luke Shapiro et le Dr Squires vont traverser l'été et la ville à la recherche d'aventures, de filles et d'un sens à leur vie.
<br /><br />Mon plus gros coup de coeur sur 2008 je crois bien. Un film brillant, triste, subtil, acidulé, mordant et plein d'espoir et d'humanité à la fois. <br /><br />Le film s'axe sur la rencontre puis les parcours solo puis commun de Luke et du Dr Squiers, avec un double fil narratif qui s'entrecroise au fur et à mesure de l'avancement des problèmes et de la vie de chacun.<br /><br />La bande son est magistrale, que du roots du début 90's qui restitue parfaitement la symbiose d'époque de "respirer la ville" par le hip hop. Nas et son illmatic, le Wu Tang Clan, Notorious BIG qui explose à ce moment, A Tribe Called Quest (avec dans le film la sublime can i kick it qui sample la ligne de basse de walk on the wild side de Reed)... un hommage à Biggie durant les séances zik, et une culture qui transparait dans l'atmospère du film sans explorer le fond purement technique. Là où les habituels film de hip hop nous plongent dans les battles, les break sessions ou l'univers des maisons de disque, The Wackness prend le NYC hip hop et l'an 94 comme toile de fond à des parcours initiatiques, et est vécu de l'extérieur, d'un petit blanc d'origine modeste et d'un vieux hippie reconverti. Ainsi, le visuel marque bien l'impact street de cette année : les éternels Superstars de Luke, les blocks parties organisés à la ramasse dans les rues et sur les toits, les looks propres à la babylonienne NYC, la bande son, les mixtapes.. ode à la culture 90's de la cassette, parfois la photo et l'ambiance m'ont fait penser à Be Kind Rewind de Gondry.<br /><br />Les persos secondaires apparaissent en nombre restreint et ont tous un rôle à jouer d'importance et sont différemment travaillés tout en restant crédible. Les familles font vraiment flipper d'abord parce que c'est la désillusion totale que connait depuis les générations actuelles sur le rêve américain de la vie de couple, et parce que ça rappelle forcément à des souvenirs personnels quand on est enfant de cette fin de siècle. The Wackness m'a énormément parlé pour son propos situé déja quinze ans en arrière mais qui n'a fait que se démontrer encore plus au fil du temps. Ceux qui ont vécu le mouvement hip hop et la fin des 90 adolescents ou adultes à l'époque devraient se retrouver encore plus dedans.<br /><br />Jonathan Levine réalise un film sur l'adolescence un peu nostalgique, ancré dans une époque qui semble signifier beaucoup de sa propre jeunesse. On y sent du vécu, l'envie d'imprimer le rythme d'une époque chérie, d'évoquer.<br /><br />Quand aux personnages, ils sont en béton et attachants. Luke est un loser paumé tout le temps dans la lune (parfois il me rappelle énormément Michael Pitt) qui n'arrive pas à camoufler ses défauts et son comportement gauche en société. A défaut d'apparaitre comme populaire, il fait preuve d'une intégrité maladive quand il commence à éprouver des sentiments pour une fille qui à la base n'était qu'une partie de jambes en l'air. Et les conséquences lourdes de ces sentiments qui suivent avec. <br /><br />Quand au Dr Squiers , le cliché du psy blasé/fou est réutilisé mais totalement maitrisé, et en fait un personnage complexe, très bordélique, paumé et allumé en même temps, et surtout attachant à souhait. J'ai vraiment éprouvé de la peine devant le film en voyant sa vie de couple s'effilocher avec l'âge et ses tentatives de reconstruire quelque chose, en dehors ou en dedans d'elle.<br /><br />Quelques apparitions rigolotes : Method Man qui a une tronche de bluesman prolo avec sa casquette et sa barbe et une des soeur Olsen en hippie dreadlockée défoncée en permanence qui passe ses apparitions à danser sans percuter personne.<br /><br />Un film qui peut aussi évoquer les ambiances du morceau la vie en juin de l'Atelier. Le film tire autant New York et ses paysages l'été en personnage à part accompagnant les 2 protagonistes du film. La photographie est mélancolique, vintage et maitrisée, la bande son colle à chaque parcelle de béton et le doublage français est pas transcendant mais rentre pas trop mal, mais il doit rendre encore mieux en VO.<br /><br />The Wackness est un beau film, lucide, frais et humain, dans la lignée de The Big Lebowski, Animal Factory ou Le Péril Jeune. Un copain qui a vu les 2 l'a récemment comparé à Juno aussi. C'est le genre de film difficile à raconter et qui faut voir pour vraiment comprendre et accrocher, à la coolitude assumée, avec de vrais moments poignants dans la toile des différents sentiments qui enveloppent des personnages hauts en couleur, et une véritable identité personnelle dans le fond de l'oeuvre. C'est aussi simplement un film plein de nostalgie, celle d'une décennie, de la musique, de la jeunesse, du temps qui passe. Avec la rencontre d'un ado dealer de weed emprunt à ses pulsions sexuels et un vieux psychologue légèrement atteint du syndrome de Peter Pan.<br /><br />Levine nous entraîne avec virtuosité dans un été plein de remises en question et de découverte de soi à NYC. Ben Kingsley est touchant dans son rôle de rêveur brisé, psychologue doux dingue et Josh Peck fait sourire dans toute sa maladresse et sa fragilité. Un film sur les espoirs et les  déceptions qui s'arme d'une bande d'époque pour nous faire réagir sur ce que nous étions, ce que nous sommes et ce que nous voulons être.