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Somewhere else, Pascal Jousselin [img]http://pix.toile-libre.org/upload/thumb/1563017706.jpg[/img] Le sous-titre « Jazz, confidences et oreilles de lapin », est le meilleur et le pire atout de ce livre. Car, oui, ces 16 histoires courtes s'articulent autour de 16 morceaux de jazz, mais non, ce n'est pas un livre sur le jazz. On n'est même pas obligé d'aimer le jazz pour aimer ce livre. Aimer la musique suffit. Mais vraiment, aimer la musique, dans le sens d'être capable de se poser et d'ouvrir grands ses oreilles et son âme et accueillir la musique en soi, pas d'entendre des sons mélodieux pour meubler le silence. Ce que ces nouvelles empruntent au jazz, c'est une liberté de ton, un enchevêtrement de motifs disparates qui reliés entre eux forment un tout cohérent. Que ce soit dans chaque histoire, surréaliste à souhait, ou dans cet album qui présente une unité dans le ton et le propos. Disparates en effet sont les situations : pluie de harengs, saut temporel, ondes sonores qui deviennent vagues en appartements, geyser de feu déclenché par une musique et qui finira monétisé par des escrocs légaux, tout est banalisé, admis. Mais c'est justement cette acceptation de l'étrange dans un réel non exempt de cynisme qui confère son charme à cette BD. Dans cet univers surréaliste et poétique, le coup de crayon léger et simple associé à une bichromie bleu rend les personnages immédiatement attachants. [img]http://pix.toile-libre.org/upload/thumb/1563017787.jpg[/img] Plus que pour les amateurs de jazz, un album pour les rêveurs, les poètes qui sont capables d'extraire le beau dans la banalité ordinaire.
Ema Il y a 2 mois

Somewhere else, Pascal Jousselin


Le sous-titre « Jazz, confidences et oreilles de lapin », est le meilleur et le pire atout de ce livre. Car, oui, ces 16 histoires courtes s'articulent autour de 16 morceaux de jazz, mais non, ce n'est pas un livre sur le jazz. On n'est même pas obligé d'aimer le jazz pour aimer ce livre. Aimer la musique suffit. Mais vraiment, aimer la musique, dans le sens d'être capable de se poser et d'ouvrir grands ses oreilles et son âme et accueillir la musique en soi, pas d'entendre des sons mélodieux pour meubler le silence.

Ce que ces nouvelles empruntent au jazz, c'est une liberté de ton, un enchevêtrement de motifs disparates qui reliés entre eux forment un tout cohérent. Que ce soit dans chaque histoire, surréaliste à souhait, ou dans cet album qui présente une unité dans le ton et le propos.
Disparates en effet sont les situations : pluie de harengs, saut temporel, ondes sonores qui deviennent vagues en appartements, geyser de feu déclenché par une musique et qui finira monétisé par des escrocs légaux, tout est banalisé, admis.
Mais c'est justement cette acceptation de l'étrange dans un réel non exempt de cynisme qui confère son charme à cette BD.

Dans cet univers surréaliste et poétique, le coup de crayon léger et simple associé à une bichromie bleu rend les personnages immédiatement attachants.


Plus que pour les amateurs de jazz, un album pour les rêveurs, les poètes qui sont capables d'extraire le beau dans la banalité ordinaire.

Sur la neige, Pierre Wazem et Antoine Aubin [img]http://pix.toile-libre.org/upload/thumb/1566635000.jpg[/img] L'histoire : Dans une petite ville du nord des Etats-Unis, le patron de la scierie et le maire se partagent les pleins pouvoirs. Ils ont nommé un jeune shérif un peu falot, un peu taiseux, histoire d'être sûrs qu'il les laisserait mener leurs affaires comme bon leur semble. Mais un jour, après avoir été contraint de laisser partir des salariés de la scierie qu'il avait arrêtés, il décide que c'est assez. Il prend le chasse-neige et file vers l'usine. Cette œuvre de jeunesse permet de se replonger avec plaisir dans le travail d'Antoine Aubin, qui a repris depuis Blake & Mortimer. Comment faire parler la neige omniprésente dans un récit en noir et blanc ? Les auteurs semblent avoir choisi de s'intéresser aux mouvements de ces hommes et ces quelques femmes. Ainsi, au trait nerveux de leurs regroupements en ces lieux artificiels qui les formatent et les uniformisent, alternent des épisodes où le trait se fait plus rond, préservant les volumes d'un décor uniformément blanc. Il en résulte une atmosphère d'extrême solitude pour ce personnage de taiseux que l'on pense résigné, que la nature et les hommes poussent à l'abandon mais qui va montrer une détermination inouïe. [img]http://pix.toile-libre.org/upload/thumb/1566635054.jpg[/img] Un récit pas prétentieux et pourtant fichtrement bien ficelé avec des personnages bien caractérisés, sorte de western contemporain évoquant ces petites villes de mono-industries où un Clint Eastwood se serait égaré dans un Fargo des frères Coen. C'est rythmé, c'est dense, c'est fin, c'est fluide. C'est bien.
Ema Il y a 29 jours

Sur la neige, Pierre Wazem et Antoine Aubin


L'histoire : Dans une petite ville du nord des Etats-Unis, le patron de la scierie et le maire se partagent les pleins pouvoirs. Ils ont nommé un jeune shérif un peu falot, un peu taiseux, histoire d'être sûrs qu'il les laisserait mener leurs affaires comme bon leur semble. Mais un jour, après avoir été contraint de laisser partir des salariés de la scierie qu'il avait arrêtés, il décide que c'est assez. Il prend le chasse-neige et file vers l'usine.

Cette œuvre de jeunesse permet de se replonger avec plaisir dans le travail d'Antoine Aubin, qui a repris depuis Blake & Mortimer.
Comment faire parler la neige omniprésente dans un récit en noir et blanc ? Les auteurs semblent avoir choisi de s'intéresser aux mouvements de ces hommes et ces quelques femmes. Ainsi, au trait nerveux de leurs regroupements en ces lieux artificiels qui les formatent et les uniformisent, alternent des épisodes où le trait se fait plus rond, préservant les volumes d'un décor uniformément blanc.
Il en résulte une atmosphère d'extrême solitude pour ce personnage de taiseux que l'on pense résigné, que la nature et les hommes poussent à l'abandon mais qui va montrer une détermination inouïe.


Un récit pas prétentieux et pourtant fichtrement bien ficelé avec des personnages bien caractérisés, sorte de western contemporain évoquant ces petites villes de mono-industries où un Clint Eastwood se serait égaré dans un Fargo des frères Coen. C'est rythmé, c'est dense, c'est fin, c'est fluide. C'est bien.

Le bel âge, Merwan – histoire en 3 tomes [img]http://pix.toile-libre.org/upload/thumb/1567851309.jpg[/img][img]http://pix.toile-libre.org/upload/thumb/1567851347.jpg[/img][img]http://pix.toile-libre.org/upload/thumb/1567851380.jpg[/img] Violette, L(e)ila et Hélène ont la vingtaine. Elles ne se connaissent pas. Etudes, amours, l'avenir leur est ouvert. Mais quoi en faire ? Où aller ? En sont-elles capables ? Est-ce seulement ce dont elles ont envie ? De mauvais choix les amènent à partager une coloc. Mais ici, ce n'est pas Friends ni Big bang theory. Pas de comédie ici car la vraie vie est rarement une succession de blagues. Cela n'empêche pas non plus les moments forts, et le dernier tome offre de sublimes pastilles de bonheur. Récit sur le passage à l'âge adulte, cette BD tout en subtilité jusqu'à considérer sans pathos ni voyeurisme l'hystérie la plus irritante, n'élude rien des doutes qui l'accompagne. La délicatesse du trait s'épanouissant dans des aplats trempés d'ocre baigne ce récit de grâce et rend ainsi le plus bel hommage à cet âge où l'individu construit sa propre route. [img]http://pix.toile-libre.org/upload/img/1567851428.jpg[/img] Est-ce pour autant Le bel âge ? Oui, si l'on considère que c'est celui de tous les possibles. Mais le postulat est-il bien celui-là ? Car est-ce que tout est possible quand on a l'avenir devant soi ? Interview de l'auteur : https://www.francetvinfo.fr/culture/bd/merwan-nous-raconte-son-quot-bel-agequot-en-bande-dessinee_3276983.html
Ema Il y a 14 jours

Le bel âge, Merwan – histoire en 3 tomes

Violette, L(e)ila et Hélène ont la vingtaine. Elles ne se connaissent pas. Etudes, amours, l'avenir leur est ouvert. Mais quoi en faire ? Où aller ? En sont-elles capables ? Est-ce seulement ce dont elles ont envie ?
De mauvais choix les amènent à partager une coloc. Mais ici, ce n'est pas Friends ni Big bang theory. Pas de comédie ici car la vraie vie est rarement une succession de blagues. Cela n'empêche pas non plus les moments forts, et le dernier tome offre de sublimes pastilles de bonheur.
Récit sur le passage à l'âge adulte, cette BD tout en subtilité jusqu'à considérer sans pathos ni voyeurisme l'hystérie la plus irritante, n'élude rien des doutes qui l'accompagne. La délicatesse du trait s'épanouissant dans des aplats trempés d'ocre baigne ce récit de grâce et rend ainsi le plus bel hommage à cet âge où l'individu construit sa propre route.

Est-ce pour autant Le bel âge ? Oui, si l'on considère que c'est celui de tous les possibles. Mais le postulat est-il bien celui-là ? Car est-ce que tout est possible quand on a l'avenir devant soi ?
Interview de l'auteur :
https://www.francetvinfo.fr/culture/bd/merwan-nous-raconte-son-quot-bel-agequot-en-bande-dessinee_3276983.html

Chabouté – Fables amères ; 2 tomes : 1. De tout petits riens ; 2. Détails futiles [img]http://pix.toile-libre.org/upload/thumb/1568106850.jpg[/img] [img]http://pix.toile-libre.org/upload/thumb/1568106895.jpg[/img] Dans un dessin noir et blanc toujours aussi contrasté, toujours aussi efficace, Chabouté nous propose 2 fois 11 histoires courtes. Des histoires de vous, de moi, de ces autres qui nous entourent. La vie ordinaire de gens ordinaires. Il l'observe par le prisme de l'humain dans ses petites mesquineries ordinaires. Pas de ces gros salauds qui franchissent la ligne rouge de ce qui n'est pas permis ; juste des gens dépassés par une vie subie et / ou qui exercent leur droit d'être égoïstes et un peu cons. En usant de cadrages plus ou moins serrés, de silences ou de cascades de mots qui en perdent leur sens, de juxtapositions de semblables ou de différences, il nous entraîne dans des chutes qui (plus ou moins selon l'acuité du lecteur et la perception qu'il peut avoir d'une certaine redondance de procédés), vont à l'encontre des indices disséminés. Ces fables humaines dressent à partir d'infimes détails des portraits sur lesquels on se suprend parfois à mettre des prénoms, voire le sien, si l'on est un peu honnête. [img]http://pix.toile-libre.org/upload/img/1568107182.jpg[/img] 9 années séparent les deux tomes. Si la première série d'histoires est d'une noirceur absolue, le tome 2 offre 4 histoires, comme une aspiration vers un peu d'humanité, à l'image des marguerites mélées aux canettes écrabouillées de la couverture ou de la dernière histoire -l'une de mes préférées- où l'on voit un homme, un peu taiseux, un peu patibulaire, marcher sur une plage, s'arrêter devant un seau, s'assurer que personne ne le regarde et faire ce qu'il a à faire. [img]http://pix.toile-libre.org/upload/img/1568107357.jpg[/img]
Ema Il y a 11 jours

Chabouté – Fables amères ; 2 tomes : 1. De tout petits riens ; 2. Détails futiles

Dans un dessin noir et blanc toujours aussi contrasté, toujours aussi efficace, Chabouté nous propose 2 fois 11 histoires courtes. Des histoires de vous, de moi, de ces autres qui nous entourent. La vie ordinaire de gens ordinaires.
Il l'observe par le prisme de l'humain dans ses petites mesquineries ordinaires. Pas de ces gros salauds qui franchissent la ligne rouge de ce qui n'est pas permis ; juste des gens dépassés par une vie subie et / ou qui exercent leur droit d'être égoïstes et un peu cons.
En usant de cadrages plus ou moins serrés, de silences ou de cascades de mots qui en perdent leur sens, de juxtapositions de semblables ou de différences, il nous entraîne dans des chutes qui (plus ou moins selon l'acuité du lecteur et la perception qu'il peut avoir d'une certaine redondance de procédés), vont à l'encontre des indices disséminés.
Ces fables humaines dressent à partir d'infimes détails des portraits sur lesquels on se suprend parfois à mettre des prénoms, voire le sien, si l'on est un peu honnête.

9 années séparent les deux tomes.
Si la première série d'histoires est d'une noirceur absolue, le tome 2 offre 4 histoires, comme une aspiration vers un peu d'humanité, à l'image des marguerites mélées aux canettes écrabouillées de la couverture ou de la dernière histoire -l'une de mes préférées- où l'on voit un homme, un peu taiseux, un peu patibulaire, marcher sur une plage, s'arrêter devant un seau, s'assurer que personne ne le regarde et faire ce qu'il a à faire.