Bonjour à tous, je me tourne vers vous internautes et passionnés de l'univers de Damien Saez. Prochainement je vais proposer à mes élèves de travailler autour de la chanson "je suis". Je suis éducatrice spécialisée et de temps en temps :) formatrice. Ce texte évoque et fait allusion à divers points de l'actualité de notre société. Ce post aujourd'hui pour avoir un peu vos impressions et vos retours par rapport à ces paroles. Cela suscite quoi chez vous ? Quel est le message à faire passer selon vous... Merci pour vos réponses cela me permettra de ne pas seulement apporter mes impressions personnelles mais d'apporter un regard plus ouvert :)
Matou Il y a 3 ans

Bonjour à tous, je me tourne vers vous internautes et passionnés de l'univers de Damien Saez. Prochainement je vais proposer à mes élèves de travailler autour de la chanson "je suis". Je suis éducatrice spécialisée et de temps en temps formatrice.
Ce texte évoque et fait allusion à divers points de l'actualité de notre société. Ce post aujourd'hui pour avoir un peu vos impressions et vos retours par rapport à ces paroles. Cela suscite quoi chez vous ? Quel est le message à faire passer selon vous...
Merci pour vos réponses cela me permettra de ne pas seulement apporter mes impressions personnelles mais d'apporter un regard plus ouvert

Bonjour, Quel âge ont-ils ?
boby6 Il y a 3 ans

Bonjour,
Quel âge ont-ils ?

Je dirais que la base c'est que ce texte est en trois parties bien distinctes. Damien dit d'abord tout ce qu'il est profondément. Son identité personnelle: parisien, libre, iconoclaste et "ni dieu ni maître" façon Hara-Kiri/Charlie Hebdo, etc. Il y a ses convictions et puis, ses solidarités intimes: la jeunesse, l'apprentissage, l'école, les combattants du quotidien (ceux qui, comme il l'a dit un jour en concert "ont des vrais métiers"), les travailleurs, les chômeurs, les ouvriers,... Dans cette identité personnelle, il y a aussi tout ce qui constitue son paysage quotidien: le café, le bistrot, les amis. Surtout les amis. Il a d'ailleurs pris soin de mettre en avant des prénoms reflétant tous les horizons qui font la France: Jean-Jean, Jamel, Manou... Des prénoms à consonances chrétiennes, arabo-musulmanes, juives... faisant directement écho à "Je suis pas catho, musulman, je suis pas juif". En fait, ce qu'il semble nous dire c'est "peu importe, je me fous des religions, d'ailleurs j'crois en rien, sauf en l'homme, d'où qu'il vienne". Ce qu'il est, ce qu'il aime, c'est les hommes dans leur mosaïque de différences. La deuxième partie du texte est courte mais sert de tremplin à la troisième. C'est ce qu'il rejette en bloc. Ce que, sous aucun prétexte, il ne peut associer à son identité: l'extrême-droite, la religion et la foi (sa relation à la foi est passionnante dans ses contradictions, d'ailleurs), un assassin et, bien sûr, un marchand d'inutile. Il clôture avec deux nouvelles affirmations de ses solidarités personnelles et enchaîne sur le dernier couplet. La troisième partie... bon ben il le dit lui-même, c'est le visage qu'a pris la démocratie aujourd'hui. En tout cas, il s'agit là de son visage le plus laid, ce qui fait partie de l'appareil démocratique actuel ou de ce qu'il considère comme étant une dégénérescence générale de celui-ci: le libéralisme, l'inculture, la société de consommation, le délitement de l'éducation et de la langue française, les SDF dont tout le monde se fout, la pornographie, le sexisme, la mort de l'agriculture... La liste est longue. Maintenant, la question est: pourquoi dit-il encore "je suis" tout au long de cette diatribe? Pour ma part, je pense que c'est le prolongement de ce qu'il nous a dit et répété en concert: "Et ça, c'est nous. C'est pas vous ou moi, c'est nous tous." Les choses partent en sucette, mais on a tous plus ou moins participé à ce délitement. Je crois que c'est juste une façon de ne déresponsabiliser personne. Si nous sommes tous responsables de près ou de loin, alors nous avons tous un rôle à jouer pour changer la donne. ;)
Mononoké Il y a 3 ans

Je dirais que la base c'est que ce texte est en trois parties bien distinctes.

Damien dit d'abord tout ce qu'il est profondément. Son identité personnelle: parisien, libre, iconoclaste et "ni dieu ni maître" façon Hara-Kiri/Charlie Hebdo, etc. Il y a ses convictions et puis, ses solidarités intimes: la jeunesse, l'apprentissage, l'école, les combattants du quotidien (ceux qui, comme il l'a dit un jour en concert "ont des vrais métiers"), les travailleurs, les chômeurs, les ouvriers,...
Dans cette identité personnelle, il y a aussi tout ce qui constitue son paysage quotidien: le café, le bistrot, les amis. Surtout les amis. Il a d'ailleurs pris soin de mettre en avant des prénoms reflétant tous les horizons qui font la France: Jean-Jean, Jamel, Manou... Des prénoms à consonances chrétiennes, arabo-musulmanes, juives... faisant directement écho à "Je suis pas catho, musulman, je suis pas juif". En fait, ce qu'il semble nous dire c'est "peu importe, je me fous des religions, d'ailleurs j'crois en rien, sauf en l'homme, d'où qu'il vienne". Ce qu'il est, ce qu'il aime, c'est les hommes dans leur mosaïque de différences.

La deuxième partie du texte est courte mais sert de tremplin à la troisième. C'est ce qu'il rejette en bloc. Ce que, sous aucun prétexte, il ne peut associer à son identité: l'extrême-droite, la religion et la foi (sa relation à la foi est passionnante dans ses contradictions, d'ailleurs), un assassin et, bien sûr, un marchand d'inutile.
Il clôture avec deux nouvelles affirmations de ses solidarités personnelles et enchaîne sur le dernier couplet.

La troisième partie... bon ben il le dit lui-même, c'est le visage qu'a pris la démocratie aujourd'hui. En tout cas, il s'agit là de son visage le plus laid, ce qui fait partie de l'appareil démocratique actuel ou de ce qu'il considère comme étant une dégénérescence générale de celui-ci: le libéralisme, l'inculture, la société de consommation, le délitement de l'éducation et de la langue française, les SDF dont tout le monde se fout, la pornographie, le sexisme, la mort de l'agriculture... La liste est longue.
Maintenant, la question est: pourquoi dit-il encore "je suis" tout au long de cette diatribe? Pour ma part, je pense que c'est le prolongement de ce qu'il nous a dit et répété en concert: "Et ça, c'est nous. C'est pas vous ou moi, c'est nous tous." Les choses partent en sucette, mais on a tous plus ou moins participé à ce délitement.
Je crois que c'est juste une façon de ne déresponsabiliser personne. Si nous sommes tous responsables de près ou de loin, alors nous avons tous un rôle à jouer pour changer la donne.

"Quelle lecture faites-vous de Je suis  ? C’est une chanson un peu ironique sur les réseaux sociaux où chacun donne son avis. C’est le culte de la petite opinion, de la petite phrase qui donne l’illusion d’avoir accès à l’expression personnelle, voire à l’existence, sans se rendre compte dans le même temps qu’on fait faire du blé à un mec qui dirige le système à la Bourse de New York. Facebook, c’est le plus grand hold-up du siècle. Au lieu de descendre dans la rue, on dit aux gens : « postez votre truc ». Mais personne n’est vraiment conscient de tout cela, car la base de ce système est plutôt ludique. On est tellement perdu dans notre solitude et notre quotidien que, dès qu’il y a une fenêtre, on s’y jette. Dans la téléréalité il y a un casting avec des gens qu’on voit vivre comme des souris. L’étape d’après, c’est Facebook. C’est l’Internet-réalité de la vie des gens, mais il n’y a plus de casting. On devient acteur de l’illusion de son propre film. C’est étrange." https://www.saezlive.net/press/view/784/interview-damien-saezt-ltouvrons-les-bras-et-elargissons-la-culturetr-l-humanite
Poka Il y a 3 ans

"Quelle lecture faites-vous de Je suis  ?

C’est une chanson un peu ironique sur les réseaux sociaux où chacun donne son avis. C’est le culte de la petite opinion, de la petite phrase qui donne l’illusion d’avoir accès à l’expression personnelle, voire à l’existence, sans se rendre compte dans le même temps qu’on fait faire du blé à un mec qui dirige le système à la Bourse de New York. Facebook, c’est le plus grand hold-up du siècle. Au lieu de descendre dans la rue, on dit aux gens : « postez votre truc ». Mais personne n’est vraiment conscient de tout cela, car la base de ce système est plutôt ludique. On est tellement perdu dans notre solitude et notre quotidien que, dès qu’il y a une fenêtre, on s’y jette. Dans la téléréalité il y a un casting avec des gens qu’on voit vivre comme des souris. L’étape d’après, c’est Facebook. C’est l’Internet-réalité de la vie des gens, mais il n’y a plus de casting. On devient acteur de l’illusion de son propre film. C’est étrange."
https://www.saezlive.net/press/view/784/interview-damien-saezt-ltouvrons-les-bras-et-elargissons-la-culturetr-l-humanite

@Mononoké : J'ai aimé te lire, merci :)
viper82 Il y a 3 ans

Mononoké : J'ai aimé te lire, merci

[quote="viper82"]@Mononoké : J'ai aimé te lire, merci :)[/quote] Oh! :) Eh bien, merci de prendre le temps de l'écrire. Ça fait plaisir. ^^
Mononoké Il y a 3 ans

Mononoké : J'ai aimé te lire, merci


Oh! Eh bien, merci de prendre le temps de l'écrire. Ça fait plaisir.

Merci Mononoké pour ta réponse c'est un vrai plaisir de te lire. Je me pose la même question que toi au sujet du "je suis" qui revient tout au long de la chanson et en effet même lorsqu'il aborde des thèmes auquel il est opposé. Et j'en suis arrivée aux mêmes conclusions (hypothèses), certainement une façon de nous rendre tous responsables de près ou de loin à ce qui se déroule chaque jour sous nos yeux de terrien. Mes élèves sont en formation pour devenir accompagnant éducatif et social, nouvelle appellation pour dire aide médico-psychologique, ils sont tous adultes. Pourquoi ce texte, une façon pour moi de les sensibiliser, les amener à réfléchir leurs actes, leurs paroles et peut-être ouvrir une brèche à la réflexion. Merci de partager vos analyses c'est très riche de sens. :)
Matou Il y a 3 ans

Merci Mononoké pour ta réponse c'est un vrai plaisir de te lire. Je me pose la même question que toi au sujet du "je suis" qui revient tout au long de la chanson et en effet même lorsqu'il aborde des thèmes auquel il est opposé. Et j'en suis arrivée aux mêmes conclusions (hypothèses), certainement une façon de nous rendre tous responsables de près ou de loin à ce qui se déroule chaque jour sous nos yeux de terrien.

Mes élèves sont en formation pour devenir accompagnant éducatif et social, nouvelle appellation pour dire aide médico-psychologique, ils sont tous adultes.

Pourquoi ce texte, une façon pour moi de les sensibiliser, les amener à réfléchir leurs actes, leurs paroles et peut-être ouvrir une brèche à la réflexion.

Merci de partager vos analyses c'est très riche de sens.