Araignée(s)

Ça fait un petit bout de temps que je n'avais rien posté ici. J'ai écrit un petit texte (un peu long). Pour ceux ayant lu mes anciennes contributions, vous en reconnaîtrais surement des bouts. Je suis très curieux de votre avis dessus. Sur sa cohérence, si il fonctionne, ce qu'il vous fait ressentir... J'ai conscience qu'il est encore améliorable mais j'ai besoin d'un point de vue extérieur alors je compte sur vous ! :) J'espère que ça vous plaira : Je crois que je vais mal. Plus le temps passe, plus il y a des voix dans ma tête. Enfin, non, c’est pas tout à fait ça. Il y en a qu’une, de voix. La mienne. Mais elle s’arrête plus. Elle parle tout le temps. Le jour, la nuit, dans le métro, dans les rues, quand je suis avec des amis, quand je suis seul, quand je ris, quand je pleure, quand je vis. Elle est tout le temps-là. Et tu vois, c’est là que je me perds. Est-ce que ça a toujours était comme ça ? Est-ce que depuis ma naissance, y a cette petite voix à l’intérieur ? J’en sais plus rien… C’est possible, remarque. Mais alors, si c’est le cas, putain, c’était mieux avant. À l’époque où elle disait juste « Abagar » et pas « tu vas nulle part », à l’époque où elle se contentait de parler de fleurs et pas de fossoyeur … Putain, oui, c’était mieux avant… Ça, tu vois, je l’ai déjà dit. Je le sais, mais la voix, elle, elle s’en fout. Elle répète. Elle recommence. Parfois, tu as l’impression qu’elle passe d’un sujet à l’autre sans raison logique, mais crois moi, elle sait très bien ce qu’elle fait cette salope, et elle finira toujours par revenir au point de départ. Et toi, comme un tocard, t’es là, à l’écouter, à plus savoir quoi faire, à sentir tes pensées se répéter et puis parfois un peu les larmes monter. J’aimerais bien la faire taire… Quand j’étais gamin, je me souviens, je me disais que j’étais dans une émission de télévision. J’étais la star, tu vois. Et la voix dans ma tête, c’était la voix off de mon émission. Putain de cauchemar. Ou de rêve de gamin, je sais pas bien. C’est un peu la même chose, tu crois pas ? Bref. Je vivais ma vie et elle me la re-racontait. Parfois, on se mettait d’accord tous les deux et on modifiait des trucs. Rien de méchant, hein, juste des détails. Juste assez pour me sentir bien à la fin de la journée. Elle le fait encore ça, parfois. Mais c’est rare. Et c’est plus comme avant. Maintenant, ça fait mal. Ça me fait prendre conscience du temps passé. Des chances ratées. Des filles que j’ai jamais embrassées. Des amis que j’ai quittés. (Araignée). De mes études que j’aurais dû terminer. De mes rêves que j’ai abandonnés. Alors, je lui demande d’arrêter, mais la voix, elle s’en fout. Elle répète, elle recommence. Elle rejoue le film de ma vie, sans jamais me demander mon avis. Alors, moi, j’essaye de la faire taire. Je mets mes écouteurs et j’augmente la musique. Je me perfore le crâne à coup de guitare. Parfois ça marche. Souvent… Souvent, pas tellement. Et l’émission, tu me diras ? Y en a plus d’émission, mon pote. Elle a cessé d’émettre. Quelque part entre mon lycée et ma vie de salarié. Rideau. Y a plus que de la neige dans la télé de mon cerveau. Fini, je suis plus un héros. J’suis même pas un Pierrot, j’ai pas de piano. Moi, j’ai que des insomnies et des quais de métro. II me reste plus que du bruit. On appelle ça du bruit, tu sais, quand une chaîne cesse d’émettre. J’aime bien ce mot. Il est réaliste. Parce que c’est tout ce qui me reste à moi. Du bruit. Et des voix. (Derrière toi !) J’espère que toi, tu vas mieux que moi. J’espère que toi, ton émission est encore à l’antenne. Et que tu fais des putains d’audience. J’espère que toi, tu sais comment là faire taire, ta voix. J’espère que toi, tu sais comment il faut s’y prendre. Que tu as compris comment marchait ce système et que tu t’es pas laissé faire. Parce que tu es tout ce qu’il me reste. Parce que si toi, tu n’y arrives pas, alors peut être que ça veut dire que c’est impossible. Qu’on est tous pareil, condamné à l’entendre se répéter. Et si c’est ça la réalité, alors, mon pote, je crois que je suis pas encore prêt… Tu sais, mon psy m’a dit de tenir un journal. Pour évacuer mes idées. Il pense que ça me fera du bien. Écrire. Écrire quand ça va pas. Mettre à l’écrit ce qui me passe par la tête. Selon lui, ça m’aidera à aller mieux. À prendre du recul. Comme si j’en avais pas déjà assez du recul… Peut-être qu’il a raison. J’en sais rien. C’est lui l’expert après tout. Mais moi, j’hésite encore. Je sais pas trop… Je me vois pas écrire un « journal ». C’est pas pour les enfants ça, écrire un journal ? Et puis j’y mettrais quoi dedans ? Mes rêves ou mes cauchemars ? (Araignées). Mes pensées ou mes actions ? C’est pas aussi simple qu’on le pense. Faut savoir par quoi commencer avant tout. Mais je sais que c’est à la mode. Y a pas une journée qui passe sans que je voie une vidéo en parlant. J’ai l’impression que tout le monde en tient un, de journal. Ou alors c’est peut-être que je passe trop de temps sur mon ordi. Je sais pas. Peut être que je deviens comme ces gens qui regarde tellement de porno qu’ils commencent à penser que leurs putains de vidéos sont la norme et que c’est le délire de tout le monde de se faire pisser dessus. Peut-être que je suis comme eux au final. Mais avec les journaux, pas le porno. Si il faut, c’est vraiment un truc de gamins. Un jeu de cours d’école. Si il faut, personne n’en tient réellement et c’est juste un argument commercial. Un complot mondial de la confrérie des vendeurs de cahiers. Ouais, non, je vais trop loin … Mais ça serait rigolo. Et puis, y a un truc qui me dérange avec le journal. Écrire, encore, pourquoi pas. Ça fait longtemps que je ne l’ai plus fait, mais ça peut être amusant. Peut-être que c’est comme le vélo, qu’on n’oublie jamais totalement, qu’il suffit de prendre un stylo et que tout nous revient instantanément. Alors, écrire, oui, pourquoi pas. Mais… écrire, pour qui ? C’est ça, le vrai problème… Écrire pour qui ? Écrire pour toi. Avant que tu ne deviennes comme moi. Pour que tu voies, que tu comprennes et que tu en prennes de la graine. Pour que tu discernes mes erreurs et que tu connaisses mes terreurs. Pour que tu aies une chance. Oui… C’est beau. C’est faux, mais c’est beau. C’est faux parce que je me connais, tu sais (Araignée). Je le prendrais jamais le stylo. Je me poserais jamais sur mon bureau. J’aimerais t’écrire, mais la vérité, c’est que je n’ai rien à te dire. Ma vie, je l’ai foirée. Non, tais-toi, je sais ce que tu vas me dire. À mon âge, on ne peut pas juger. C’est trop tôt. J’ai rien vécu, j’ai rien vu. (Pattes velues, crochet aiguisé, araignée), Mais putain, crois-moi, à mon âge, si j’avais réussi, je pense que je le saurais… Je les ai crus, quand j’étais gamin. Les autres, les grands. Ceux qui savent, ceux qui disent. « Tu feras de grandes choses ! Tu seras milliardaire/artiste/heureux. Tu verras, on croit en toi, ne baisse pas les bras. » Alors, j’y ai cru. Et me voilà. Seul, dans mon studio. À me parler tout seul. À te parler à toi. Même si toi, t’existes pas. À ressasser mon passé, à maudire la société, à trembler face à mes (araignées) rêves brisés. Tu sais, je la connais bien, la solitude. Elle me tient souvent compagnie. Quand je suis chez moi. Quand je suis dans le métro. Quand je suis avec des gens. Souvent quand je suis avec des gens, d’ailleurs. C’est un peu paradoxal, tu trouves pas ? Se sentir seul quand on ne l’est pas. Ou alors, c’est ça sa vraie définition. La solitude, c’est quand tu te sens seul avec des gens. Quand d’un coup, assis à ta table dans le café, tu as l’impression que tout le monde t’a oublié. Que tu es juste un étranger, un inconnu. Un fantôme. Alors, tu rigoles, comme tout le monde, quand tu entends que ton pote à fait une blague. Même si elle n’est pas vraiment drôle, même si tu ne l’as pas vraiment comprise, même si tu n’as pas vraiment envie de rire. Surtout si tu n’as pas envie de rire. Tu rigoles. Mais t’es seul. Et derrière toi, tu les sens. Collées au mur, grouillant sous tes pieds. Leurs crochets claquent et elles tissent leurs toiles. Prêtes à t’avaler, prêtes à te consumer. Leurs huit pattes noires, velues et aiguisées, prêtes à transpercer. Mais tu ne te retournes pas. Non, pas cette fois. Parce que tant que tu ne le fais pas, tant que tu ne les vois pas, tu peux prétendre qu’elles n’existent pas. Que tout va bien. Que tu vas bien. Quand j’étais gosse, j’étais jamais seul. Enfin, non, c’est pas vrai. J’ai dû être seul quand j’étais gosse. Mais je m’en souviens pas. C’est ça la beauté de l’enfance. Tout est plus simple. La solitude, on l’oublie dès qu’on passe les grilles de l’école. Enfin, j’te dis ça.. Sois pas dupe, mon pote. C’est juste des souvenirs. Y a pas à dire, c’est beau la mémoire. C’est beau, parce qu’on peut lui faire dire ce qu’on veut. Elle efface la tristesse, les larmes et les colères. Les cauchemars et les connards, les goûters renversés et les coups de pied. Elle lisse la réalité. Et grâce à elle, on s’en crée une nouvelle. Une qui serait plus belle. Alors, on se dit qu’on était pas seul. Qu’on était avec nos amis. Qu’on était peut-être même populaire, même si on en avait franchement pas l’air. On garde que le meilleur, on efface nos peurs. Et puis on se souvient. On se souvient du visage de cette fille, celle qu’on pensait aimer, mais à qui on a jamais parlé. On se souvient des plaques de verglas, les matins d’hiver et des glissades à en finir le cul par terre. Du foot à la récré, du ballon qu’on finissait toujours par paumer. Dans les rues ou sur les toits. C’est ça dont tu te souviens, toi ? Parce que moi, il me reste plus rien. Un trou noir. Le vide intégral. Peut-être que j’ai tout effacé. Peut-être que les araignées, elles ont tout avalé. Pris dans leurs toiles, mes rêves et mes souvenirs. Il a fini dévoré, celui que j’étais. Par la société (araignée). Ou alors, peut-être que j’en avais pas, moi, de bons moments. Peut-être que j’ai un problème… Ouais, peut-être… Je devrais écrire un journal. Mais j’aurais dû le commencer gamin. Pour me souvenir. Garder une trace. Un prénom, un visage. Un ballon de foot ou un mur de briques rouges. N’importe quoi. Un truc. Un morceau du passé. Un morceau de moi. Une bouée de sauvetage…. Ça aurait pu m’aider dans les moments comme ça. Quand les minutes passent et que le sommeil ne vient pas. J’aurais pu ouvrir une page, n’importe laquelle et me plonger dans le passé. Et puis j’aurais fermé les yeux, j’aurais lancé la bobine et le film aurait redémarré. Mais là, j’aurais pas fait les mêmes conneries. Non, j’aurais su où aller. Les gens à qui parler et ceux à éviter. Ceux que j’aurais pu aimer, ceux que j’aurais dû éviter. Les araignées, je les aurais écrasées. J’aurais pas eu peur de me retourner. Oui. Y a pas à dire, ça aurait été bien d’avoir un journal… Mais c’est trop tard maintenant, non ? 

 Dis, tu penses que c’est trop tard ? * « - Tu veux un verre ? » Non. Je crois que j’en veux pas. Je crois que j’en veux plus. Plus jamais. Ou en tout cas, plus ici. Non, arrête, te fatigue pas, ça ne sert à rien de me proposer d’aller dans un autre bar. C’est pas ça le problème. C’est plus ça le problème. T’as p’t’être raison. On aurait peut-être dû bouger. Mais plus tôt. Non, pas y a dix minutes. Même pas y a une heure. Non, plus tôt. Tu vois ce que je veux dire ? Non, bien sûr que non. Comment tu pourrais voir ce que je veux dire… Toi, elle te plaît ta vie. T’es bien comme ça. Métro, boulot, apéro. Le parfait trio. T’es quelqu’un de réglo. Tu te poses pas de questions. Tu es heureux. Pauvre type. Parfois, tu me dégoûtes. Parfois, je me dégoûte. De pas être comme toi. De vouloir être comme toi. C’était ça que tu voulais faire quand tu étais gamin ? C’était ça ton rêve ? Sérieusement ? Me prend pas pour un con. Je sais bien qu’on est pas copain, on travaille juste ensemble, mais c’est pas une raison. Me prend pas pour un con. Ceux que tu baises, c’est les clients. C’est les autres. Pas moi. Tu voulais pas faire ça gamin. Dis-le alors, de quoi t’as peur ? T’es aussi paumé que moi. Toi aussi, le soir, t’es seul. Toi aussi, tu as peur de te retourner (Araignées). Toi aussi, tu les vois ramper au plafond. Grimper sur ta nuque. Toi aussi, tu sens leurs pattes te perforaient la peau. Leurs crochets te tâter le dos. Toi aussi, tu es comme moi. Un funambule. Entre le vide et les tarentules. Dis, tu crois pas qu’il serait tant qu’on capitule ? « - Tu veux un verre ? » Non, j’en veux pas de ton putain de verre. Et de ce putain de bar. Dans cette putain de ville. Dans cette putain de vie. J’en veux pas. J’en veux plus. J’en ai jamais voulu. Mais ça, toi, tu peux pas le comprendre, n’est-ce pas ? Pour toi, on est tous pareil. Content d’être là. Content de jouer le jeu. Alors, on reprend des verres. Et puis des bouteilles. Et on parle, on rigole. On oublie. On oublie nos vies, on oublie nos peines. On oublie pourquoi on est venu et puis, même, pourquoi on continue. On oublie… Et tu sais, moi, depuis le temps qu’on fait ça, je crois que j’ai trop oublié. Que j’ai tout oublié. Pourquoi je suis là ce soir. Pourquoi j’ai pris ce verre. Pourquoi j’ai pris ce boulot. Pourquoi je suis pas parti. Pourquoi je me sens toujours pas en vie. Y en a un paquet de choses que j’ai oublié… Ou p’t’être que je les ai juste jamais su. « - Tu veux un verre ? » Ce que je veux, c’est une chance de m’en sortir. Ce que je veux, c’est balancer ma bière contre le mur, attraper ma veste et m’enfuir en courant. Partir, sans un regard. Quitter le bar. La ville. P’t’être même le pays. Mais ça, c’est comme tout le reste, c’est un rêve de gamin. L’araignée, tu sais, je commence à la connaître. Au début, elle n’était qu’une impression. La sensation que quelque chose me guettait dans mon dos. Quelque chose d’invisible, mais de terrifiant. Quelque chose qui tissait sa toile, à l’abri du regard et qui attendait que je me retourne pour me sauter au visage. Le matin, en me préparant pour le travail, je la sentais derrière moi. Et je savais, je savais que si je faiblissais, si je tournais la tête, elle se jetterait sur moi. Elle planterait ses crochets dans mes yeux. Rentrerait par mes narines. Injecterait son venin dans mon cerveau. Elle me tuerait. Alors, je l’ai ignoré et les années ont passé. Mais l’araignée m’a suivi. Dans la rue. Dans le métro. Dans mon bureau. Dans les bars… Et elle s’est multipliée. Je le sais. Pas besoin de les voir, je le sais. C’est écrit dans mon coeur et dans mes tripes. Maintenant, c’est trop tard. Même si je le voulais, je pourrais plus me retourner. Elles sont trop nombreuses. Et puis, de toute façon, elles ne sont plus seulement dans mon dos. Elles sont partout. À m’observer, à me traquer. Y a du noir sous les pavés. Ça grouille d’araignées. Et je sais que si je marche dessus… Si je marche dessus…. « - Tu veux un verre ? » Y a du noir sous les pavés. Y a du sang sur les pavés. Mon sang et mes araignées. Mes rêves brisés. Le poids de mon passé. De la société. De mes ambitions et illusions. De mon courage, de tous ces mirages. Auxquels j’ai cru. Auxquels je crois. Auxquels je crois. « - Tu veux un verre ? » * La porte du bar claque dans mon dos. Le vent fouette mon visage. Mes pieds… Mes pieds écrasent les pavés. Écrasent les araignées. Je cours. Je crois que je vais mal. Plus le temps passe, plus il y a des voix dans ma tête. Enfin, non, c’est pas tout à fait ça. Il y en a qu’une, de voix. La mienne. Mais elle s’arrête plus. Écrase les araignées. Ne te retourne pas. Je sens mon visage s’accrocher à leurs toiles, elles me ralentissent. Mais ne m’arrête pas. Je continue. Quand j’étais gamin, je me souviens, je me disais que j’étais dans une émission de télévision. J’étais la star, tu vois. Et la voix dans ma tête, c’était la voix off de mon émission. Le souffle court. Un point de côté. Mais c’est trop tard, désormais. J’ai trop attendu, plus rien ne peut me stopper. Y en a plus d’émission. Elle a cessé d’émettre. Rideau. Y a plus que de la neige dans la télé de mon cerveau. Qu’elles crèvent les araignées. Et si elles veulent m’attaquer, je suis prêt à me retourner. Qu’elles essayent, seulement, de me planter. Une araignée, c’est fait pour être écraser. Pas pour terroriser. Mon psy m’a dit de tenir un journal. Pour évacuer mes idées. Il pense que ça me fera du bien. Moi, j’ai une meilleure idée. Je vais éclater des araignées. À la main, au pied, avec des livres et des cds. Avec tout ce qui me passe sous la main. Je vais les défoncer. Une par une. Mon coeur à trop saigné, au tour des araignées. Et mes rêves brisés, putain, je vais les réparer. À mort la mélancolie, adieu la folie. Je suis de retour à l’antenne. Et prêt à faire de putains d’audience.
Léo Ch Il y a 2 mois

Ça fait un petit bout de temps que je n'avais rien posté ici. J'ai écrit un petit texte (un peu long). Pour ceux ayant lu mes anciennes contributions, vous en reconnaîtrais surement des bouts. Je suis très curieux de votre avis dessus. Sur sa cohérence, si il fonctionne, ce qu'il vous fait ressentir...

J'ai conscience qu'il est encore améliorable mais j'ai besoin d'un point de vue extérieur alors je compte sur vous ! J'espère que ça vous plaira :



Je crois que je vais mal. Plus le temps passe, plus il y a des voix dans ma tête. Enfin, non, c’est pas tout à fait ça. Il y en a qu’une, de voix. La mienne. Mais elle s’arrête plus. Elle parle tout le temps. Le jour, la nuit, dans le métro, dans les rues, quand je suis avec des amis, quand je suis seul, quand je ris, quand je pleure, quand je vis. Elle est tout le temps-là.
Et tu vois, c’est là que je me perds. Est-ce que ça a toujours était comme ça ? Est-ce que depuis ma naissance, y a cette petite voix à l’intérieur ? J’en sais plus rien… C’est possible, remarque. Mais alors, si c’est le cas, putain, c’était mieux avant. À l’époque où elle disait juste « Abagar » et pas « tu vas nulle part », à l’époque où elle se contentait de parler de fleurs et pas de fossoyeur … Putain, oui, c’était mieux avant… Ça, tu vois, je l’ai déjà dit. Je le sais, mais la voix, elle, elle s’en fout. Elle répète. Elle recommence. Parfois, tu as l’impression qu’elle passe d’un sujet à l’autre sans raison logique, mais crois moi, elle sait très bien ce qu’elle fait cette salope, et elle finira toujours par revenir au point de départ. Et toi, comme un tocard, t’es là, à l’écouter, à plus savoir quoi faire, à sentir tes pensées se répéter et puis parfois un peu les larmes monter. J’aimerais bien la faire taire…
Quand j’étais gamin, je me souviens, je me disais que j’étais dans une émission de télévision. J’étais la star, tu vois. Et la voix dans ma tête, c’était la voix off de mon émission. Putain de cauchemar. Ou de rêve de gamin, je sais pas bien. C’est un peu la même chose, tu crois pas ? Bref. Je vivais ma vie et elle me la re-racontait. Parfois, on se mettait d’accord tous les deux et on modifiait des trucs. Rien de méchant, hein, juste des détails. Juste assez pour me sentir bien à la fin de la journée. Elle le fait encore ça, parfois. Mais c’est rare. Et c’est plus comme avant. Maintenant, ça fait mal. Ça me fait prendre conscience du temps passé. Des chances ratées. Des filles que j’ai jamais embrassées. Des amis que j’ai quittés. (Araignée). De mes études que j’aurais dû terminer. De mes rêves que j’ai abandonnés. Alors, je lui demande d’arrêter, mais la voix, elle s’en fout. Elle répète, elle recommence. Elle rejoue le film de ma vie, sans jamais me demander mon avis. Alors, moi, j’essaye de la faire taire. Je mets mes écouteurs et j’augmente la musique. Je me perfore le crâne à coup de guitare. Parfois ça marche. Souvent… Souvent, pas tellement.
Et l’émission, tu me diras ? Y en a plus d’émission, mon pote. Elle a cessé d’émettre. Quelque part entre mon lycée et ma vie de salarié. Rideau. Y a plus que de la neige dans la télé de mon cerveau. Fini, je suis plus un héros. J’suis même pas un Pierrot, j’ai pas de piano. Moi, j’ai que des insomnies et des quais de métro. II me reste plus que du bruit. On appelle ça du bruit, tu sais, quand une chaîne cesse d’émettre. J’aime bien ce mot. Il est réaliste. Parce que c’est tout ce qui me reste à moi. Du bruit. Et des voix. (Derrière toi !)
J’espère que toi, tu vas mieux que moi. J’espère que toi, ton émission est encore à l’antenne. Et que tu fais des putains d’audience. J’espère que toi, tu sais comment là faire taire, ta voix. J’espère que toi, tu sais comment il faut s’y prendre. Que tu as compris comment marchait ce système et que tu t’es pas laissé faire. Parce que tu es tout ce qu’il me reste. Parce que si toi, tu n’y arrives pas, alors peut être que ça veut dire que c’est impossible. Qu’on est tous pareil, condamné à l’entendre se répéter. Et si c’est ça la réalité, alors, mon pote, je crois que je suis pas encore prêt…
Tu sais, mon psy m’a dit de tenir un journal. Pour évacuer mes idées. Il pense que ça me fera du bien. Écrire. Écrire quand ça va pas. Mettre à l’écrit ce qui me passe par la tête. Selon lui, ça m’aidera à aller mieux. À prendre du recul. Comme si j’en avais pas déjà assez du recul…
Peut-être qu’il a raison. J’en sais rien. C’est lui l’expert après tout. Mais moi, j’hésite encore. Je sais pas trop… Je me vois pas écrire un « journal ». C’est pas pour les enfants ça, écrire un journal ? Et puis j’y mettrais quoi dedans ? Mes rêves ou mes cauchemars ? (Araignées). Mes pensées ou mes actions ? C’est pas aussi simple qu’on le pense. Faut savoir par quoi commencer avant tout.
Mais je sais que c’est à la mode. Y a pas une journée qui passe sans que je voie une vidéo en parlant. J’ai l’impression que tout le monde en tient un, de journal. Ou alors c’est peut-être que je passe trop de temps sur mon ordi. Je sais pas. Peut être que je deviens comme ces gens qui regarde tellement de porno qu’ils commencent à penser que leurs putains de vidéos sont la norme et que c’est le délire de tout le monde de se faire pisser dessus. Peut-être que je suis comme eux au final. Mais avec les journaux, pas le porno. Si il faut, c’est vraiment un truc de gamins. Un jeu de cours d’école. Si il faut, personne n’en tient réellement et c’est juste un argument commercial. Un complot mondial de la confrérie des vendeurs de cahiers. Ouais, non, je vais trop loin … Mais ça serait rigolo.
Et puis, y a un truc qui me dérange avec le journal. Écrire, encore, pourquoi pas. Ça fait longtemps que je ne l’ai plus fait, mais ça peut être amusant. Peut-être que c’est comme le vélo, qu’on n’oublie jamais totalement, qu’il suffit de prendre un stylo et que tout nous revient instantanément. Alors, écrire, oui, pourquoi pas. Mais… écrire, pour qui ? C’est ça, le vrai problème… Écrire pour qui ?
Écrire pour toi. Avant que tu ne deviennes comme moi. Pour que tu voies, que tu comprennes et que tu en prennes de la graine. Pour que tu discernes mes erreurs et que tu connaisses mes terreurs. Pour que tu aies une chance. Oui… C’est beau. C’est faux, mais c’est beau. C’est faux parce que je me connais, tu sais (Araignée). Je le prendrais jamais le stylo. Je me poserais jamais sur mon bureau. J’aimerais t’écrire, mais la vérité, c’est que je n’ai rien à te dire. Ma vie, je l’ai foirée. Non, tais-toi, je sais ce que tu vas me dire. À mon âge, on ne peut pas juger. C’est trop tôt. J’ai rien vécu, j’ai rien vu. (Pattes velues, crochet aiguisé, araignée), Mais putain, crois-moi, à mon âge, si j’avais réussi, je pense que je le saurais…
Je les ai crus, quand j’étais gamin. Les autres, les grands. Ceux qui savent, ceux qui disent. « Tu feras de grandes choses ! Tu seras milliardaire/artiste/heureux. Tu verras, on croit en toi, ne baisse pas les bras. » Alors, j’y ai cru. Et me voilà. Seul, dans mon studio. À me parler tout seul. À te parler à toi. Même si toi, t’existes pas. À ressasser mon passé, à maudire la société, à trembler face à mes (araignées) rêves brisés.
Tu sais, je la connais bien, la solitude. Elle me tient souvent compagnie. Quand je suis chez moi. Quand je suis dans le métro. Quand je suis avec des gens. Souvent quand je suis avec des gens, d’ailleurs. C’est un peu paradoxal, tu trouves pas ? Se sentir seul quand on ne l’est pas. Ou alors, c’est ça sa vraie définition. La solitude, c’est quand tu te sens seul avec des gens. Quand d’un coup, assis à ta table dans le café, tu as l’impression que tout le monde t’a oublié. Que tu es juste un étranger, un inconnu. Un fantôme. Alors, tu rigoles, comme tout le monde, quand tu entends que ton pote à fait une blague. Même si elle n’est pas vraiment drôle, même si tu ne l’as pas vraiment comprise, même si tu n’as pas vraiment envie de rire. Surtout si tu n’as pas envie de rire. Tu rigoles. Mais t’es seul. Et derrière toi, tu les sens. Collées au mur, grouillant sous tes pieds. Leurs crochets claquent et elles tissent leurs toiles. Prêtes à t’avaler, prêtes à te consumer. Leurs huit pattes noires, velues et aiguisées, prêtes à transpercer. Mais tu ne te retournes pas. Non, pas cette fois. Parce que tant que tu ne le fais pas, tant que tu ne les vois pas, tu peux prétendre qu’elles n’existent pas. Que tout va bien. Que tu vas bien.
Quand j’étais gosse, j’étais jamais seul. Enfin, non, c’est pas vrai. J’ai dû être seul quand j’étais gosse. Mais je m’en souviens pas. C’est ça la beauté de l’enfance. Tout est plus simple. La solitude, on l’oublie dès qu’on passe les grilles de l’école. Enfin, j’te dis ça.. Sois pas dupe, mon pote. C’est juste des souvenirs.
Y a pas à dire, c’est beau la mémoire. C’est beau, parce qu’on peut lui faire dire ce qu’on veut. Elle efface la tristesse, les larmes et les colères. Les cauchemars et les connards, les goûters renversés et les coups de pied. Elle lisse la réalité. Et grâce à elle, on s’en crée une nouvelle. Une qui serait plus belle. Alors, on se dit qu’on était pas seul. Qu’on était avec nos amis. Qu’on était peut-être même populaire, même si on en avait franchement pas l’air. On garde que le meilleur, on efface nos peurs. Et puis on se souvient. On se souvient du visage de cette fille, celle qu’on pensait aimer, mais à qui on a jamais parlé. On se souvient des plaques de verglas, les matins d’hiver et des glissades à en finir le cul par terre. Du foot à la récré, du ballon qu’on finissait toujours par paumer. Dans les rues ou sur les toits. C’est ça dont tu te souviens, toi ?
Parce que moi, il me reste plus rien. Un trou noir. Le vide intégral. Peut-être que j’ai tout effacé. Peut-être que les araignées, elles ont tout avalé. Pris dans leurs toiles, mes rêves et mes souvenirs. Il a fini dévoré, celui que j’étais. Par la société (araignée). Ou alors, peut-être que j’en avais pas, moi, de bons moments. Peut-être que j’ai un problème… Ouais, peut-être…
Je devrais écrire un journal. Mais j’aurais dû le commencer gamin. Pour me souvenir. Garder une trace. Un prénom, un visage. Un ballon de foot ou un mur de briques rouges. N’importe quoi. Un truc. Un morceau du passé. Un morceau de moi. Une bouée de sauvetage…. Ça aurait pu m’aider dans les moments comme ça. Quand les minutes passent et que le sommeil ne vient pas. J’aurais pu ouvrir une page, n’importe laquelle et me plonger dans le passé. Et puis j’aurais fermé les yeux, j’aurais lancé la bobine et le film aurait redémarré. Mais là, j’aurais pas fait les mêmes conneries. Non, j’aurais su où aller. Les gens à qui parler et ceux à éviter. Ceux que j’aurais pu aimer, ceux que j’aurais dû éviter. Les araignées, je les aurais écrasées. J’aurais pas eu peur de me retourner.
Oui. Y a pas à dire, ça aurait été bien d’avoir un journal… Mais c’est trop tard maintenant, non ? 

 Dis, tu penses que c’est trop tard ?

*

« - Tu veux un verre ? »

Non. Je crois que j’en veux pas. Je crois que j’en veux plus. Plus jamais. Ou en tout cas, plus ici. Non, arrête, te fatigue pas, ça ne sert à rien de me proposer d’aller dans un autre bar. C’est pas ça le problème. C’est plus ça le problème.
T’as p’t’être raison. On aurait peut-être dû bouger. Mais plus tôt. Non, pas y a dix minutes. Même pas y a une heure. Non, plus tôt. Tu vois ce que je veux dire ? Non, bien sûr que non. Comment tu pourrais voir ce que je veux dire… Toi, elle te plaît ta vie. T’es bien comme ça. Métro, boulot, apéro. Le parfait trio. T’es quelqu’un de réglo. Tu te poses pas de questions. Tu es heureux. Pauvre type. Parfois, tu me dégoûtes. Parfois, je me dégoûte. De pas être comme toi. De vouloir être comme toi. C’était ça que tu voulais faire quand tu étais gamin ? C’était ça ton rêve ? Sérieusement ? Me prend pas pour un con. Je sais bien qu’on est pas copain, on travaille juste ensemble, mais c’est pas une raison. Me prend pas pour un con. Ceux que tu baises, c’est les clients. C’est les autres. Pas moi.
Tu voulais pas faire ça gamin. Dis-le alors, de quoi t’as peur ? T’es aussi paumé que moi. Toi aussi, le soir, t’es seul. Toi aussi, tu as peur de te retourner (Araignées). Toi aussi, tu les vois ramper au plafond. Grimper sur ta nuque. Toi aussi, tu sens leurs pattes te perforaient la peau. Leurs crochets te tâter le dos. Toi aussi, tu es comme moi. Un funambule. Entre le vide et les tarentules. Dis, tu crois pas qu’il serait tant qu’on capitule ?

« - Tu veux un verre ? »

Non, j’en veux pas de ton putain de verre.

Et de ce putain de bar.

Dans cette putain de ville.

Dans cette putain de vie.

J’en veux pas. J’en veux plus. J’en ai jamais voulu. Mais ça, toi, tu peux pas le comprendre, n’est-ce pas ? Pour toi, on est tous pareil. Content d’être là. Content de jouer le jeu. Alors, on reprend des verres. Et puis des bouteilles. Et on parle, on rigole. On oublie. On oublie nos vies, on oublie nos peines. On oublie pourquoi on est venu et puis, même, pourquoi on continue.
On oublie… Et tu sais, moi, depuis le temps qu’on fait ça, je crois que j’ai trop oublié. Que j’ai tout oublié. Pourquoi je suis là ce soir. Pourquoi j’ai pris ce verre. Pourquoi j’ai pris ce boulot. Pourquoi je suis pas parti. Pourquoi je me sens toujours pas en vie. Y en a un paquet de choses que j’ai oublié… Ou p’t’être que je les ai juste jamais su.

« - Tu veux un verre ? »

Ce que je veux, c’est une chance de m’en sortir. Ce que je veux, c’est balancer ma bière contre le mur, attraper ma veste et m’enfuir en courant. Partir, sans un regard. Quitter le bar. La ville. P’t’être même le pays. Mais ça, c’est comme tout le reste, c’est un rêve de gamin.
L’araignée, tu sais, je commence à la connaître. Au début, elle n’était qu’une impression. La sensation que quelque chose me guettait dans mon dos. Quelque chose d’invisible, mais de terrifiant. Quelque chose qui tissait sa toile, à l’abri du regard et qui attendait que je me retourne pour me sauter au visage. Le matin, en me préparant pour le travail, je la sentais derrière moi. Et je savais, je savais que si je faiblissais, si je tournais la tête, elle se jetterait sur moi. Elle planterait ses crochets dans mes yeux. Rentrerait par mes narines. Injecterait son venin dans mon cerveau. Elle me tuerait.
Alors, je l’ai ignoré et les années ont passé. Mais l’araignée m’a suivi. Dans la rue. Dans le métro. Dans mon bureau. Dans les bars… Et elle s’est multipliée. Je le sais. Pas besoin de les voir, je le sais. C’est écrit dans mon coeur et dans mes tripes.
Maintenant, c’est trop tard. Même si je le voulais, je pourrais plus me retourner. Elles sont trop nombreuses. Et puis, de toute façon, elles ne sont plus seulement dans mon dos. Elles sont partout. À m’observer, à me traquer. Y a du noir sous les pavés. Ça grouille d’araignées. Et je sais que si je marche dessus… Si je marche dessus….

« - Tu veux un verre ? »

Y a du noir sous les pavés. Y a du sang sur les pavés. Mon sang et mes araignées. Mes rêves brisés. Le poids de mon passé. De la société. De mes ambitions et illusions. De mon courage, de tous ces mirages. Auxquels j’ai cru. Auxquels je crois.
Auxquels je crois.

« - Tu veux un verre ? »

*

La porte du bar claque dans mon dos. Le vent fouette mon visage. Mes pieds… Mes pieds écrasent les pavés. Écrasent les araignées. Je cours. Je crois que je vais mal. Plus le temps passe, plus il y a des voix dans ma tête. Enfin, non, c’est pas tout à fait ça. Il y en a qu’une, de voix. La mienne. Mais elle s’arrête plus.
Écrase les araignées. Ne te retourne pas. Je sens mon visage s’accrocher à leurs toiles, elles me ralentissent. Mais ne m’arrête pas. Je continue. Quand j’étais gamin, je me souviens, je me disais que j’étais dans une émission de télévision. J’étais la star, tu vois. Et la voix dans ma tête, c’était la voix off de mon émission.
Le souffle court. Un point de côté. Mais c’est trop tard, désormais. J’ai trop attendu, plus rien ne peut me stopper. Y en a plus d’émission. Elle a cessé d’émettre. Rideau. Y a plus que de la neige dans la télé de mon cerveau.
Qu’elles crèvent les araignées. Et si elles veulent m’attaquer, je suis prêt à me retourner. Qu’elles essayent, seulement, de me planter. Une araignée, c’est fait pour être écraser. Pas pour terroriser. Mon psy m’a dit de tenir un journal. Pour évacuer mes idées. Il pense que ça me fera du bien. Moi, j’ai une meilleure idée. Je vais éclater des araignées. À la main, au pied, avec des livres et des cds. Avec tout ce qui me passe sous la main. Je vais les défoncer. Une par une. Mon coeur à trop saigné, au tour des araignées. Et mes rêves brisés, putain, je vais les réparer. À mort la mélancolie, adieu la folie. Je suis de retour à l’antenne.
Et prêt à faire de putains d’audience.

[quote="Léo Ch"]Ça fait un petit bout de temps que je n'avais rien posté ici. J'ai écrit un petit texte (un peu long). Pour ceux ayant lu mes anciennes contributions, vous en reconnaîtrais surement des bouts. Je suis très curieux de votre avis dessus. Sur sa cohérence, si il fonctionne, ce qu'il vous fait ressentir... J'ai conscience qu'il est encore améliorable mais j'ai besoin d'un point de vue extérieur alors je compte sur vous ! :) J'espère que ça vous plaira : Je crois que je vais mal. Plus le temps passe, plus il y a des voix dans ma tête. Enfin, non, c’est pas tout à fait ça. Il y en a qu’une, de voix. La mienne. Mais elle s’arrête plus. Elle parle tout le temps. Le jour, la nuit, dans le métro, dans les rues, quand je suis avec des amis, quand je suis seul, quand je ris, quand je pleure, quand je vis. Elle est tout le temps-là. Et tu vois, c’est là que je me perds. Est-ce que ça a toujours était comme ça ? Est-ce que depuis ma naissance, y a cette petite voix à l’intérieur ? J’en sais plus rien… C’est possible, remarque. Mais alors, si c’est le cas, putain, c’était mieux avant. À l’époque où elle disait juste « Abagar » et pas « tu vas nulle part », à l’époque où elle se contentait de parler de fleurs et pas de fossoyeur … Putain, oui, c’était mieux avant… Ça, tu vois, je l’ai déjà dit. Je le sais, mais la voix, elle, elle s’en fout. Elle répète. Elle recommence. Parfois, tu as l’impression qu’elle passe d’un sujet à l’autre sans raison logique, mais crois moi, elle sait très bien ce qu’elle fait cette salope, et elle finira toujours par revenir au point de départ. Et toi, comme un tocard, t’es là, à l’écouter, à plus savoir quoi faire, à sentir tes pensées se répéter et puis parfois un peu les larmes monter. J’aimerais bien la faire taire… Quand j’étais gamin, je me souviens, je me disais que j’étais dans une émission de télévision. J’étais la star, tu vois. Et la voix dans ma tête, c’était la voix off de mon émission. Putain de cauchemar. Ou de rêve de gamin, je sais pas bien. C’est un peu la même chose, tu crois pas ? Bref. Je vivais ma vie et elle me la re-racontait. Parfois, on se mettait d’accord tous les deux et on modifiait des trucs. Rien de méchant, hein, juste des détails. Juste assez pour me sentir bien à la fin de la journée. Elle le fait encore ça, parfois. Mais c’est rare. Et c’est plus comme avant. Maintenant, ça fait mal. Ça me fait prendre conscience du temps passé. Des chances ratées. Des filles que j’ai jamais embrassées. Des amis que j’ai quittés. (Araignée). De mes études que j’aurais dû terminer. De mes rêves que j’ai abandonnés. Alors, je lui demande d’arrêter, mais la voix, elle s’en fout. Elle répète, elle recommence. Elle rejoue le film de ma vie, sans jamais me demander mon avis. Alors, moi, j’essaye de la faire taire. Je mets mes écouteurs et j’augmente la musique. Je me perfore le crâne à coup de guitare. Parfois ça marche. Souvent… Souvent, pas tellement. Et l’émission, tu me diras ? Y en a plus d’émission, mon pote. Elle a cessé d’émettre. Quelque part entre mon lycée et ma vie de salarié. Rideau. Y a plus que de la neige dans la télé de mon cerveau. Fini, je suis plus un héros. J’suis même pas un Pierrot, j’ai pas de piano. Moi, j’ai que des insomnies et des quais de métro. II me reste plus que du bruit. On appelle ça du bruit, tu sais, quand une chaîne cesse d’émettre. J’aime bien ce mot. Il est réaliste. Parce que c’est tout ce qui me reste à moi. Du bruit. Et des voix. (Derrière toi !) J’espère que toi, tu vas mieux que moi. J’espère que toi, ton émission est encore à l’antenne. Et que tu fais des putains d’audience. J’espère que toi, tu sais comment là faire taire, ta voix. J’espère que toi, tu sais comment il faut s’y prendre. Que tu as compris comment marchait ce système et que tu t’es pas laissé faire. Parce que tu es tout ce qu’il me reste. Parce que si toi, tu n’y arrives pas, alors peut être que ça veut dire que c’est impossible. Qu’on est tous pareil, condamné à l’entendre se répéter. Et si c’est ça la réalité, alors, mon pote, je crois que je suis pas encore prêt… Tu sais, mon psy m’a dit de tenir un journal. Pour évacuer mes idées. Il pense que ça me fera du bien. Écrire. Écrire quand ça va pas. Mettre à l’écrit ce qui me passe par la tête. Selon lui, ça m’aidera à aller mieux. À prendre du recul. Comme si j’en avais pas déjà assez du recul… Peut-être qu’il a raison. J’en sais rien. C’est lui l’expert après tout. Mais moi, j’hésite encore. Je sais pas trop… Je me vois pas écrire un « journal ». C’est pas pour les enfants ça, écrire un journal ? Et puis j’y mettrais quoi dedans ? Mes rêves ou mes cauchemars ? (Araignées). Mes pensées ou mes actions ? C’est pas aussi simple qu’on le pense. Faut savoir par quoi commencer avant tout. Mais je sais que c’est à la mode. Y a pas une journée qui passe sans que je voie une vidéo en parlant. J’ai l’impression que tout le monde en tient un, de journal. Ou alors c’est peut-être que je passe trop de temps sur mon ordi. Je sais pas. Peut être que je deviens comme ces gens qui regarde tellement de porno qu’ils commencent à penser que leurs putains de vidéos sont la norme et que c’est le délire de tout le monde de se faire pisser dessus. Peut-être que je suis comme eux au final. Mais avec les journaux, pas le porno. Si il faut, c’est vraiment un truc de gamins. Un jeu de cours d’école. Si il faut, personne n’en tient réellement et c’est juste un argument commercial. Un complot mondial de la confrérie des vendeurs de cahiers. Ouais, non, je vais trop loin … Mais ça serait rigolo. Et puis, y a un truc qui me dérange avec le journal. Écrire, encore, pourquoi pas. Ça fait longtemps que je ne l’ai plus fait, mais ça peut être amusant. Peut-être que c’est comme le vélo, qu’on n’oublie jamais totalement, qu’il suffit de prendre un stylo et que tout nous revient instantanément. Alors, écrire, oui, pourquoi pas. Mais… écrire, pour qui ? C’est ça, le vrai problème… Écrire pour qui ? Écrire pour toi. Avant que tu ne deviennes comme moi. Pour que tu voies, que tu comprennes et que tu en prennes de la graine. Pour que tu discernes mes erreurs et que tu connaisses mes terreurs. Pour que tu aies une chance. Oui… C’est beau. C’est faux, mais c’est beau. C’est faux parce que je me connais, tu sais (Araignée). Je le prendrais jamais le stylo. Je me poserais jamais sur mon bureau. J’aimerais t’écrire, mais la vérité, c’est que je n’ai rien à te dire. Ma vie, je l’ai foirée. Non, tais-toi, je sais ce que tu vas me dire. À mon âge, on ne peut pas juger. C’est trop tôt. J’ai rien vécu, j’ai rien vu. (Pattes velues, crochet aiguisé, araignée), Mais putain, crois-moi, à mon âge, si j’avais réussi, je pense que je le saurais… Je les ai crus, quand j’étais gamin. Les autres, les grands. Ceux qui savent, ceux qui disent. « Tu feras de grandes choses ! Tu seras milliardaire/artiste/heureux. Tu verras, on croit en toi, ne baisse pas les bras. » Alors, j’y ai cru. Et me voilà. Seul, dans mon studio. À me parler tout seul. À te parler à toi. Même si toi, t’existes pas. À ressasser mon passé, à maudire la société, à trembler face à mes (araignées) rêves brisés. Tu sais, je la connais bien, la solitude. Elle me tient souvent compagnie. Quand je suis chez moi. Quand je suis dans le métro. Quand je suis avec des gens. Souvent quand je suis avec des gens, d’ailleurs. C’est un peu paradoxal, tu trouves pas ? Se sentir seul quand on ne l’est pas. Ou alors, c’est ça sa vraie définition. La solitude, c’est quand tu te sens seul avec des gens. Quand d’un coup, assis à ta table dans le café, tu as l’impression que tout le monde t’a oublié. Que tu es juste un étranger, un inconnu. Un fantôme. Alors, tu rigoles, comme tout le monde, quand tu entends que ton pote à fait une blague. Même si elle n’est pas vraiment drôle, même si tu ne l’as pas vraiment comprise, même si tu n’as pas vraiment envie de rire. Surtout si tu n’as pas envie de rire. Tu rigoles. Mais t’es seul. Et derrière toi, tu les sens. Collées au mur, grouillant sous tes pieds. Leurs crochets claquent et elles tissent leurs toiles. Prêtes à t’avaler, prêtes à te consumer. Leurs huit pattes noires, velues et aiguisées, prêtes à transpercer. Mais tu ne te retournes pas. Non, pas cette fois. Parce que tant que tu ne le fais pas, tant que tu ne les vois pas, tu peux prétendre qu’elles n’existent pas. Que tout va bien. Que tu vas bien. Quand j’étais gosse, j’étais jamais seul. Enfin, non, c’est pas vrai. J’ai dû être seul quand j’étais gosse. Mais je m’en souviens pas. C’est ça la beauté de l’enfance. Tout est plus simple. La solitude, on l’oublie dès qu’on passe les grilles de l’école. Enfin, j’te dis ça.. Sois pas dupe, mon pote. C’est juste des souvenirs. Y a pas à dire, c’est beau la mémoire. C’est beau, parce qu’on peut lui faire dire ce qu’on veut. Elle efface la tristesse, les larmes et les colères. Les cauchemars et les connards, les goûters renversés et les coups de pied. Elle lisse la réalité. Et grâce à elle, on s’en crée une nouvelle. Une qui serait plus belle. Alors, on se dit qu’on était pas seul. Qu’on était avec nos amis. Qu’on était peut-être même populaire, même si on en avait franchement pas l’air. On garde que le meilleur, on efface nos peurs. Et puis on se souvient. On se souvient du visage de cette fille, celle qu’on pensait aimer, mais à qui on a jamais parlé. On se souvient des plaques de verglas, les matins d’hiver et des glissades à en finir le cul par terre. Du foot à la récré, du ballon qu’on finissait toujours par paumer. Dans les rues ou sur les toits. C’est ça dont tu te souviens, toi ? Parce que moi, il me reste plus rien. Un trou noir. Le vide intégral. Peut-être que j’ai tout effacé. Peut-être que les araignées, elles ont tout avalé. Pris dans leurs toiles, mes rêves et mes souvenirs. Il a fini dévoré, celui que j’étais. Par la société (araignée). Ou alors, peut-être que j’en avais pas, moi, de bons moments. Peut-être que j’ai un problème… Ouais, peut-être… Je devrais écrire un journal. Mais j’aurais dû le commencer gamin. Pour me souvenir. Garder une trace. Un prénom, un visage. Un ballon de foot ou un mur de briques rouges. N’importe quoi. Un truc. Un morceau du passé. Un morceau de moi. Une bouée de sauvetage…. Ça aurait pu m’aider dans les moments comme ça. Quand les minutes passent et que le sommeil ne vient pas. J’aurais pu ouvrir une page, n’importe laquelle et me plonger dans le passé. Et puis j’aurais fermé les yeux, j’aurais lancé la bobine et le film aurait redémarré. Mais là, j’aurais pas fait les mêmes conneries. Non, j’aurais su où aller. Les gens à qui parler et ceux à éviter. Ceux que j’aurais pu aimer, ceux que j’aurais dû éviter. Les araignées, je les aurais écrasées. J’aurais pas eu peur de me retourner. Oui. Y a pas à dire, ça aurait été bien d’avoir un journal… Mais c’est trop tard maintenant, non ? 

 Dis, tu penses que c’est trop tard ? * « - Tu veux un verre ? » Non. Je crois que j’en veux pas. Je crois que j’en veux plus. Plus jamais. Ou en tout cas, plus ici. Non, arrête, te fatigue pas, ça ne sert à rien de me proposer d’aller dans un autre bar. C’est pas ça le problème. C’est plus ça le problème. T’as p’t’être raison. On aurait peut-être dû bouger. Mais plus tôt. Non, pas y a dix minutes. Même pas y a une heure. Non, plus tôt. Tu vois ce que je veux dire ? Non, bien sûr que non. Comment tu pourrais voir ce que je veux dire… Toi, elle te plaît ta vie. T’es bien comme ça. Métro, boulot, apéro. Le parfait trio. T’es quelqu’un de réglo. Tu te poses pas de questions. Tu es heureux. Pauvre type. Parfois, tu me dégoûtes. Parfois, je me dégoûte. De pas être comme toi. De vouloir être comme toi. C’était ça que tu voulais faire quand tu étais gamin ? C’était ça ton rêve ? Sérieusement ? Me prend pas pour un con. Je sais bien qu’on est pas copain, on travaille juste ensemble, mais c’est pas une raison. Me prend pas pour un con. Ceux que tu baises, c’est les clients. C’est les autres. Pas moi. Tu voulais pas faire ça gamin. Dis-le alors, de quoi t’as peur ? T’es aussi paumé que moi. Toi aussi, le soir, t’es seul. Toi aussi, tu as peur de te retourner (Araignées). Toi aussi, tu les vois ramper au plafond. Grimper sur ta nuque. Toi aussi, tu sens leurs pattes te perforaient la peau. Leurs crochets te tâter le dos. Toi aussi, tu es comme moi. Un funambule. Entre le vide et les tarentules. Dis, tu crois pas qu’il serait tant qu’on capitule ? « - Tu veux un verre ? » Non, j’en veux pas de ton putain de verre. Et de ce putain de bar. Dans cette putain de ville. Dans cette putain de vie. J’en veux pas. J’en veux plus. J’en ai jamais voulu. Mais ça, toi, tu peux pas le comprendre, n’est-ce pas ? Pour toi, on est tous pareil. Content d’être là. Content de jouer le jeu. Alors, on reprend des verres. Et puis des bouteilles. Et on parle, on rigole. On oublie. On oublie nos vies, on oublie nos peines. On oublie pourquoi on est venu et puis, même, pourquoi on continue. On oublie… Et tu sais, moi, depuis le temps qu’on fait ça, je crois que j’ai trop oublié. Que j’ai tout oublié. Pourquoi je suis là ce soir. Pourquoi j’ai pris ce verre. Pourquoi j’ai pris ce boulot. Pourquoi je suis pas parti. Pourquoi je me sens toujours pas en vie. Y en a un paquet de choses que j’ai oublié… Ou p’t’être que je les ai juste jamais su. « - Tu veux un verre ? » Ce que je veux, c’est une chance de m’en sortir. Ce que je veux, c’est balancer ma bière contre le mur, attraper ma veste et m’enfuir en courant. Partir, sans un regard. Quitter le bar. La ville. P’t’être même le pays. Mais ça, c’est comme tout le reste, c’est un rêve de gamin. L’araignée, tu sais, je commence à la connaître. Au début, elle n’était qu’une impression. La sensation que quelque chose me guettait dans mon dos. Quelque chose d’invisible, mais de terrifiant. Quelque chose qui tissait sa toile, à l’abri du regard et qui attendait que je me retourne pour me sauter au visage. Le matin, en me préparant pour le travail, je la sentais derrière moi. Et je savais, je savais que si je faiblissais, si je tournais la tête, elle se jetterait sur moi. Elle planterait ses crochets dans mes yeux. Rentrerait par mes narines. Injecterait son venin dans mon cerveau. Elle me tuerait. Alors, je l’ai ignoré et les années ont passé. Mais l’araignée m’a suivi. Dans la rue. Dans le métro. Dans mon bureau. Dans les bars… Et elle s’est multipliée. Je le sais. Pas besoin de les voir, je le sais. C’est écrit dans mon coeur et dans mes tripes. Maintenant, c’est trop tard. Même si je le voulais, je pourrais plus me retourner. Elles sont trop nombreuses. Et puis, de toute façon, elles ne sont plus seulement dans mon dos. Elles sont partout. À m’observer, à me traquer. Y a du noir sous les pavés. Ça grouille d’araignées. Et je sais que si je marche dessus… Si je marche dessus…. « - Tu veux un verre ? » Y a du noir sous les pavés. Y a du sang sur les pavés. Mon sang et mes araignées. Mes rêves brisés. Le poids de mon passé. De la société. De mes ambitions et illusions. De mon courage, de tous ces mirages. Auxquels j’ai cru. Auxquels je crois. Auxquels je crois. « - Tu veux un verre ? » * La porte du bar claque dans mon dos. Le vent fouette mon visage. Mes pieds… Mes pieds écrasent les pavés. Écrasent les araignées. Je cours. Je crois que je vais mal. Plus le temps passe, plus il y a des voix dans ma tête. Enfin, non, c’est pas tout à fait ça. Il y en a qu’une, de voix. La mienne. Mais elle s’arrête plus. Écrase les araignées. Ne te retourne pas. Je sens mon visage s’accrocher à leurs toiles, elles me ralentissent. Mais ne m’arrête pas. Je continue. Quand j’étais gamin, je me souviens, je me disais que j’étais dans une émission de télévision. J’étais la star, tu vois. Et la voix dans ma tête, c’était la voix off de mon émission. Le souffle court. Un point de côté. Mais c’est trop tard, désormais. J’ai trop attendu, plus rien ne peut me stopper. Y en a plus d’émission. Elle a cessé d’émettre. Rideau. Y a plus que de la neige dans la télé de mon cerveau. Qu’elles crèvent les araignées. Et si elles veulent m’attaquer, je suis prêt à me retourner. Qu’elles essayent, seulement, de me planter. Une araignée, c’est fait pour être écraser. Pas pour terroriser. Mon psy m’a dit de tenir un journal. Pour évacuer mes idées. Il pense que ça me fera du bien. Moi, j’ai une meilleure idée. Je vais éclater des araignées. À la main, au pied, avec des livres et des cds. Avec tout ce qui me passe sous la main. Je vais les défoncer. Une par une. Mon coeur à trop saigné, au tour des araignées. Et mes rêves brisés, putain, je vais les réparer. À mort la mélancolie, adieu la folie. Je suis de retour à l’antenne. Et prêt à faire de putains d’audience.[/quote] <3 ah je me souviens du passage de la voix off, "je me perfore le crâne à coup de guitare" (j'adore cette phrase)...avec du dick dale et ce dont je me souviens là, tout de suite, en te lisant, c'est le clip de the cure sur le titre lullaby :) qui me faisait flipper à 6 ans. du rythme, un truc qui va crescendo ta narration la solitude, perso je l'ai pris comme un espace de liberté y a quelque mois, mais là en vérité j'ai l'araignée du contrecoup qui commence à me chatouiller :). Le souffle court dés que je monte les escaliers, à la fin du paquet j'écrase ma dernière cigarette, putain d'araignée! Sors de mon cerveau l'araignée, je veux retrouver ma liberté! :)
suffragettes AB Il y a 2 mois

Ça fait un petit bout de temps que je n'avais rien posté ici. J'ai écrit un petit texte (un peu long). Pour ceux ayant lu mes anciennes contributions, vous en reconnaîtrais surement des bouts. Je suis très curieux de votre avis dessus. Sur sa cohérence, si il fonctionne, ce qu'il vous fait ressentir...

J'ai conscience qu'il est encore améliorable mais j'ai besoin d'un point de vue extérieur alors je compte sur vous ! J'espère que ça vous plaira :



Je crois que je vais mal. Plus le temps passe, plus il y a des voix dans ma tête. Enfin, non, c’est pas tout à fait ça. Il y en a qu’une, de voix. La mienne. Mais elle s’arrête plus. Elle parle tout le temps. Le jour, la nuit, dans le métro, dans les rues, quand je suis avec des amis, quand je suis seul, quand je ris, quand je pleure, quand je vis. Elle est tout le temps-là.
Et tu vois, c’est là que je me perds. Est-ce que ça a toujours était comme ça ? Est-ce que depuis ma naissance, y a cette petite voix à l’intérieur ? J’en sais plus rien… C’est possible, remarque. Mais alors, si c’est le cas, putain, c’était mieux avant. À l’époque où elle disait juste « Abagar » et pas « tu vas nulle part », à l’époque où elle se contentait de parler de fleurs et pas de fossoyeur … Putain, oui, c’était mieux avant… Ça, tu vois, je l’ai déjà dit. Je le sais, mais la voix, elle, elle s’en fout. Elle répète. Elle recommence. Parfois, tu as l’impression qu’elle passe d’un sujet à l’autre sans raison logique, mais crois moi, elle sait très bien ce qu’elle fait cette salope, et elle finira toujours par revenir au point de départ. Et toi, comme un tocard, t’es là, à l’écouter, à plus savoir quoi faire, à sentir tes pensées se répéter et puis parfois un peu les larmes monter. J’aimerais bien la faire taire…
Quand j’étais gamin, je me souviens, je me disais que j’étais dans une émission de télévision. J’étais la star, tu vois. Et la voix dans ma tête, c’était la voix off de mon émission. Putain de cauchemar. Ou de rêve de gamin, je sais pas bien. C’est un peu la même chose, tu crois pas ? Bref. Je vivais ma vie et elle me la re-racontait. Parfois, on se mettait d’accord tous les deux et on modifiait des trucs. Rien de méchant, hein, juste des détails. Juste assez pour me sentir bien à la fin de la journée. Elle le fait encore ça, parfois. Mais c’est rare. Et c’est plus comme avant. Maintenant, ça fait mal. Ça me fait prendre conscience du temps passé. Des chances ratées. Des filles que j’ai jamais embrassées. Des amis que j’ai quittés. (Araignée). De mes études que j’aurais dû terminer. De mes rêves que j’ai abandonnés. Alors, je lui demande d’arrêter, mais la voix, elle s’en fout. Elle répète, elle recommence. Elle rejoue le film de ma vie, sans jamais me demander mon avis. Alors, moi, j’essaye de la faire taire. Je mets mes écouteurs et j’augmente la musique. Je me perfore le crâne à coup de guitare. Parfois ça marche. Souvent… Souvent, pas tellement.
Et l’émission, tu me diras ? Y en a plus d’émission, mon pote. Elle a cessé d’émettre. Quelque part entre mon lycée et ma vie de salarié. Rideau. Y a plus que de la neige dans la télé de mon cerveau. Fini, je suis plus un héros. J’suis même pas un Pierrot, j’ai pas de piano. Moi, j’ai que des insomnies et des quais de métro. II me reste plus que du bruit. On appelle ça du bruit, tu sais, quand une chaîne cesse d’émettre. J’aime bien ce mot. Il est réaliste. Parce que c’est tout ce qui me reste à moi. Du bruit. Et des voix. (Derrière toi !)
J’espère que toi, tu vas mieux que moi. J’espère que toi, ton émission est encore à l’antenne. Et que tu fais des putains d’audience. J’espère que toi, tu sais comment là faire taire, ta voix. J’espère que toi, tu sais comment il faut s’y prendre. Que tu as compris comment marchait ce système et que tu t’es pas laissé faire. Parce que tu es tout ce qu’il me reste. Parce que si toi, tu n’y arrives pas, alors peut être que ça veut dire que c’est impossible. Qu’on est tous pareil, condamné à l’entendre se répéter. Et si c’est ça la réalité, alors, mon pote, je crois que je suis pas encore prêt…
Tu sais, mon psy m’a dit de tenir un journal. Pour évacuer mes idées. Il pense que ça me fera du bien. Écrire. Écrire quand ça va pas. Mettre à l’écrit ce qui me passe par la tête. Selon lui, ça m’aidera à aller mieux. À prendre du recul. Comme si j’en avais pas déjà assez du recul…
Peut-être qu’il a raison. J’en sais rien. C’est lui l’expert après tout. Mais moi, j’hésite encore. Je sais pas trop… Je me vois pas écrire un « journal ». C’est pas pour les enfants ça, écrire un journal ? Et puis j’y mettrais quoi dedans ? Mes rêves ou mes cauchemars ? (Araignées). Mes pensées ou mes actions ? C’est pas aussi simple qu’on le pense. Faut savoir par quoi commencer avant tout.
Mais je sais que c’est à la mode. Y a pas une journée qui passe sans que je voie une vidéo en parlant. J’ai l’impression que tout le monde en tient un, de journal. Ou alors c’est peut-être que je passe trop de temps sur mon ordi. Je sais pas. Peut être que je deviens comme ces gens qui regarde tellement de porno qu’ils commencent à penser que leurs putains de vidéos sont la norme et que c’est le délire de tout le monde de se faire pisser dessus. Peut-être que je suis comme eux au final. Mais avec les journaux, pas le porno. Si il faut, c’est vraiment un truc de gamins. Un jeu de cours d’école. Si il faut, personne n’en tient réellement et c’est juste un argument commercial. Un complot mondial de la confrérie des vendeurs de cahiers. Ouais, non, je vais trop loin … Mais ça serait rigolo.
Et puis, y a un truc qui me dérange avec le journal. Écrire, encore, pourquoi pas. Ça fait longtemps que je ne l’ai plus fait, mais ça peut être amusant. Peut-être que c’est comme le vélo, qu’on n’oublie jamais totalement, qu’il suffit de prendre un stylo et que tout nous revient instantanément. Alors, écrire, oui, pourquoi pas. Mais… écrire, pour qui ? C’est ça, le vrai problème… Écrire pour qui ?
Écrire pour toi. Avant que tu ne deviennes comme moi. Pour que tu voies, que tu comprennes et que tu en prennes de la graine. Pour que tu discernes mes erreurs et que tu connaisses mes terreurs. Pour que tu aies une chance. Oui… C’est beau. C’est faux, mais c’est beau. C’est faux parce que je me connais, tu sais (Araignée). Je le prendrais jamais le stylo. Je me poserais jamais sur mon bureau. J’aimerais t’écrire, mais la vérité, c’est que je n’ai rien à te dire. Ma vie, je l’ai foirée. Non, tais-toi, je sais ce que tu vas me dire. À mon âge, on ne peut pas juger. C’est trop tôt. J’ai rien vécu, j’ai rien vu. (Pattes velues, crochet aiguisé, araignée), Mais putain, crois-moi, à mon âge, si j’avais réussi, je pense que je le saurais…
Je les ai crus, quand j’étais gamin. Les autres, les grands. Ceux qui savent, ceux qui disent. « Tu feras de grandes choses ! Tu seras milliardaire/artiste/heureux. Tu verras, on croit en toi, ne baisse pas les bras. » Alors, j’y ai cru. Et me voilà. Seul, dans mon studio. À me parler tout seul. À te parler à toi. Même si toi, t’existes pas. À ressasser mon passé, à maudire la société, à trembler face à mes (araignées) rêves brisés.
Tu sais, je la connais bien, la solitude. Elle me tient souvent compagnie. Quand je suis chez moi. Quand je suis dans le métro. Quand je suis avec des gens. Souvent quand je suis avec des gens, d’ailleurs. C’est un peu paradoxal, tu trouves pas ? Se sentir seul quand on ne l’est pas. Ou alors, c’est ça sa vraie définition. La solitude, c’est quand tu te sens seul avec des gens. Quand d’un coup, assis à ta table dans le café, tu as l’impression que tout le monde t’a oublié. Que tu es juste un étranger, un inconnu. Un fantôme. Alors, tu rigoles, comme tout le monde, quand tu entends que ton pote à fait une blague. Même si elle n’est pas vraiment drôle, même si tu ne l’as pas vraiment comprise, même si tu n’as pas vraiment envie de rire. Surtout si tu n’as pas envie de rire. Tu rigoles. Mais t’es seul. Et derrière toi, tu les sens. Collées au mur, grouillant sous tes pieds. Leurs crochets claquent et elles tissent leurs toiles. Prêtes à t’avaler, prêtes à te consumer. Leurs huit pattes noires, velues et aiguisées, prêtes à transpercer. Mais tu ne te retournes pas. Non, pas cette fois. Parce que tant que tu ne le fais pas, tant que tu ne les vois pas, tu peux prétendre qu’elles n’existent pas. Que tout va bien. Que tu vas bien.
Quand j’étais gosse, j’étais jamais seul. Enfin, non, c’est pas vrai. J’ai dû être seul quand j’étais gosse. Mais je m’en souviens pas. C’est ça la beauté de l’enfance. Tout est plus simple. La solitude, on l’oublie dès qu’on passe les grilles de l’école. Enfin, j’te dis ça.. Sois pas dupe, mon pote. C’est juste des souvenirs.
Y a pas à dire, c’est beau la mémoire. C’est beau, parce qu’on peut lui faire dire ce qu’on veut. Elle efface la tristesse, les larmes et les colères. Les cauchemars et les connards, les goûters renversés et les coups de pied. Elle lisse la réalité. Et grâce à elle, on s’en crée une nouvelle. Une qui serait plus belle. Alors, on se dit qu’on était pas seul. Qu’on était avec nos amis. Qu’on était peut-être même populaire, même si on en avait franchement pas l’air. On garde que le meilleur, on efface nos peurs. Et puis on se souvient. On se souvient du visage de cette fille, celle qu’on pensait aimer, mais à qui on a jamais parlé. On se souvient des plaques de verglas, les matins d’hiver et des glissades à en finir le cul par terre. Du foot à la récré, du ballon qu’on finissait toujours par paumer. Dans les rues ou sur les toits. C’est ça dont tu te souviens, toi ?
Parce que moi, il me reste plus rien. Un trou noir. Le vide intégral. Peut-être que j’ai tout effacé. Peut-être que les araignées, elles ont tout avalé. Pris dans leurs toiles, mes rêves et mes souvenirs. Il a fini dévoré, celui que j’étais. Par la société (araignée). Ou alors, peut-être que j’en avais pas, moi, de bons moments. Peut-être que j’ai un problème… Ouais, peut-être…
Je devrais écrire un journal. Mais j’aurais dû le commencer gamin. Pour me souvenir. Garder une trace. Un prénom, un visage. Un ballon de foot ou un mur de briques rouges. N’importe quoi. Un truc. Un morceau du passé. Un morceau de moi. Une bouée de sauvetage…. Ça aurait pu m’aider dans les moments comme ça. Quand les minutes passent et que le sommeil ne vient pas. J’aurais pu ouvrir une page, n’importe laquelle et me plonger dans le passé. Et puis j’aurais fermé les yeux, j’aurais lancé la bobine et le film aurait redémarré. Mais là, j’aurais pas fait les mêmes conneries. Non, j’aurais su où aller. Les gens à qui parler et ceux à éviter. Ceux que j’aurais pu aimer, ceux que j’aurais dû éviter. Les araignées, je les aurais écrasées. J’aurais pas eu peur de me retourner.
Oui. Y a pas à dire, ça aurait été bien d’avoir un journal… Mais c’est trop tard maintenant, non ? 

 Dis, tu penses que c’est trop tard ?

*

« - Tu veux un verre ? »

Non. Je crois que j’en veux pas. Je crois que j’en veux plus. Plus jamais. Ou en tout cas, plus ici. Non, arrête, te fatigue pas, ça ne sert à rien de me proposer d’aller dans un autre bar. C’est pas ça le problème. C’est plus ça le problème.
T’as p’t’être raison. On aurait peut-être dû bouger. Mais plus tôt. Non, pas y a dix minutes. Même pas y a une heure. Non, plus tôt. Tu vois ce que je veux dire ? Non, bien sûr que non. Comment tu pourrais voir ce que je veux dire… Toi, elle te plaît ta vie. T’es bien comme ça. Métro, boulot, apéro. Le parfait trio. T’es quelqu’un de réglo. Tu te poses pas de questions. Tu es heureux. Pauvre type. Parfois, tu me dégoûtes. Parfois, je me dégoûte. De pas être comme toi. De vouloir être comme toi. C’était ça que tu voulais faire quand tu étais gamin ? C’était ça ton rêve ? Sérieusement ? Me prend pas pour un con. Je sais bien qu’on est pas copain, on travaille juste ensemble, mais c’est pas une raison. Me prend pas pour un con. Ceux que tu baises, c’est les clients. C’est les autres. Pas moi.
Tu voulais pas faire ça gamin. Dis-le alors, de quoi t’as peur ? T’es aussi paumé que moi. Toi aussi, le soir, t’es seul. Toi aussi, tu as peur de te retourner (Araignées). Toi aussi, tu les vois ramper au plafond. Grimper sur ta nuque. Toi aussi, tu sens leurs pattes te perforaient la peau. Leurs crochets te tâter le dos. Toi aussi, tu es comme moi. Un funambule. Entre le vide et les tarentules. Dis, tu crois pas qu’il serait tant qu’on capitule ?

« - Tu veux un verre ? »

Non, j’en veux pas de ton putain de verre.

Et de ce putain de bar.

Dans cette putain de ville.

Dans cette putain de vie.

J’en veux pas. J’en veux plus. J’en ai jamais voulu. Mais ça, toi, tu peux pas le comprendre, n’est-ce pas ? Pour toi, on est tous pareil. Content d’être là. Content de jouer le jeu. Alors, on reprend des verres. Et puis des bouteilles. Et on parle, on rigole. On oublie. On oublie nos vies, on oublie nos peines. On oublie pourquoi on est venu et puis, même, pourquoi on continue.
On oublie… Et tu sais, moi, depuis le temps qu’on fait ça, je crois que j’ai trop oublié. Que j’ai tout oublié. Pourquoi je suis là ce soir. Pourquoi j’ai pris ce verre. Pourquoi j’ai pris ce boulot. Pourquoi je suis pas parti. Pourquoi je me sens toujours pas en vie. Y en a un paquet de choses que j’ai oublié… Ou p’t’être que je les ai juste jamais su.

« - Tu veux un verre ? »

Ce que je veux, c’est une chance de m’en sortir. Ce que je veux, c’est balancer ma bière contre le mur, attraper ma veste et m’enfuir en courant. Partir, sans un regard. Quitter le bar. La ville. P’t’être même le pays. Mais ça, c’est comme tout le reste, c’est un rêve de gamin.
L’araignée, tu sais, je commence à la connaître. Au début, elle n’était qu’une impression. La sensation que quelque chose me guettait dans mon dos. Quelque chose d’invisible, mais de terrifiant. Quelque chose qui tissait sa toile, à l’abri du regard et qui attendait que je me retourne pour me sauter au visage. Le matin, en me préparant pour le travail, je la sentais derrière moi. Et je savais, je savais que si je faiblissais, si je tournais la tête, elle se jetterait sur moi. Elle planterait ses crochets dans mes yeux. Rentrerait par mes narines. Injecterait son venin dans mon cerveau. Elle me tuerait.
Alors, je l’ai ignoré et les années ont passé. Mais l’araignée m’a suivi. Dans la rue. Dans le métro. Dans mon bureau. Dans les bars… Et elle s’est multipliée. Je le sais. Pas besoin de les voir, je le sais. C’est écrit dans mon coeur et dans mes tripes.
Maintenant, c’est trop tard. Même si je le voulais, je pourrais plus me retourner. Elles sont trop nombreuses. Et puis, de toute façon, elles ne sont plus seulement dans mon dos. Elles sont partout. À m’observer, à me traquer. Y a du noir sous les pavés. Ça grouille d’araignées. Et je sais que si je marche dessus… Si je marche dessus….

« - Tu veux un verre ? »

Y a du noir sous les pavés. Y a du sang sur les pavés. Mon sang et mes araignées. Mes rêves brisés. Le poids de mon passé. De la société. De mes ambitions et illusions. De mon courage, de tous ces mirages. Auxquels j’ai cru. Auxquels je crois.
Auxquels je crois.

« - Tu veux un verre ? »

*

La porte du bar claque dans mon dos. Le vent fouette mon visage. Mes pieds… Mes pieds écrasent les pavés. Écrasent les araignées. Je cours. Je crois que je vais mal. Plus le temps passe, plus il y a des voix dans ma tête. Enfin, non, c’est pas tout à fait ça. Il y en a qu’une, de voix. La mienne. Mais elle s’arrête plus.
Écrase les araignées. Ne te retourne pas. Je sens mon visage s’accrocher à leurs toiles, elles me ralentissent. Mais ne m’arrête pas. Je continue. Quand j’étais gamin, je me souviens, je me disais que j’étais dans une émission de télévision. J’étais la star, tu vois. Et la voix dans ma tête, c’était la voix off de mon émission.
Le souffle court. Un point de côté. Mais c’est trop tard, désormais. J’ai trop attendu, plus rien ne peut me stopper. Y en a plus d’émission. Elle a cessé d’émettre. Rideau. Y a plus que de la neige dans la télé de mon cerveau.
Qu’elles crèvent les araignées. Et si elles veulent m’attaquer, je suis prêt à me retourner. Qu’elles essayent, seulement, de me planter. Une araignée, c’est fait pour être écraser. Pas pour terroriser. Mon psy m’a dit de tenir un journal. Pour évacuer mes idées. Il pense que ça me fera du bien. Moi, j’ai une meilleure idée. Je vais éclater des araignées. À la main, au pied, avec des livres et des cds. Avec tout ce qui me passe sous la main. Je vais les défoncer. Une par une. Mon coeur à trop saigné, au tour des araignées. Et mes rêves brisés, putain, je vais les réparer. À mort la mélancolie, adieu la folie. Je suis de retour à l’antenne.
Et prêt à faire de putains d’audience.


<3
ah je me souviens du passage de la voix off, "je me perfore le crâne à coup de guitare" (j'adore cette phrase)...avec du dick dale
et ce dont je me souviens là, tout de suite, en te lisant, c'est le clip de the cure sur le titre lullaby qui me faisait flipper à 6 ans.
du rythme, un truc qui va crescendo ta narration
la solitude, perso je l'ai pris comme un espace de liberté y a quelque mois, mais là en vérité j'ai l'araignée du contrecoup qui commence à me chatouiller . Le souffle court dés que je monte les escaliers, à la fin du paquet j'écrase ma dernière cigarette, putain d'araignée!
Sors de mon cerveau l'araignée, je veux retrouver ma liberté!

<3 toujours aussi visuel, j'ai l'impression d'avoir été captée par un fil(m). Et ce rythme ! <3
idem Il y a 2 mois

<3 toujours aussi visuel, j'ai l'impression d'avoir été captée par un fil(m).
Et ce rythme ! <3

[quote="suffragettes AB"] <3 ah je me souviens du passage de la voix off, "je me perfore le crâne à coup de guitare" (j'adore cette phrase)...avec du dick dale et ce dont je me souviens là, tout de suite, en te lisant, c'est le clip de the cure sur le titre lullaby :) qui me faisait flipper à 6 ans. du rythme, un truc qui va crescendo ta narration la solitude, perso je l'ai pris comme un espace de liberté y a quelque mois, mais là en vérité j'ai l'araignée du contrecoup qui commence à me chatouiller :). Le souffle court dés que je monte les escaliers, à la fin du paquet j'écrase ma dernière cigarette, putain d'araignée! Sors de mon cerveau l'araignée, je veux retrouver ma liberté! :)[/quote] [quote="idem"]<3 toujours aussi visuel, j'ai l'impression d'avoir été captée par un fil(m). Et ce rythme ! <3[/quote] Merci énormément pour vos commentaires ! Ce que vous dites me touche beaucoup !
Léo Ch Il y a 2 mois



<3
ah je me souviens du passage de la voix off, "je me perfore le crâne à coup de guitare" (j'adore cette phrase)...avec du dick dale
et ce dont je me souviens là, tout de suite, en te lisant, c'est le clip de the cure sur le titre lullaby qui me faisait flipper à 6 ans.
du rythme, un truc qui va crescendo ta narration
la solitude, perso je l'ai pris comme un espace de liberté y a quelque mois, mais là en vérité j'ai l'araignée du contrecoup qui commence à me chatouiller . Le souffle court dés que je monte les escaliers, à la fin du paquet j'écrase ma dernière cigarette, putain d'araignée!
Sors de mon cerveau l'araignée, je veux retrouver ma liberté!


<3 toujours aussi visuel, j'ai l'impression d'avoir été captée par un fil(m).
Et ce rythme ! <3


Merci énormément pour vos commentaires ! Ce que vous dites me touche beaucoup !

J'aime ! Je sais pas quoi dire d'autre :)
Marta012 Il y a 2 mois

J'aime !
Je sais pas quoi dire d'autre

C'est déjà beaucoup, merci ! :)
Léo Ch Il y a 2 mois

C'est déjà beaucoup, merci !

Belle progression ! J'adore le rythme, ça tient en haleine. J'aime beaucoup ce texte
Alextine Il y a 2 mois

Belle progression !
J'adore le rythme, ça tient en haleine.
J'aime beaucoup ce texte

C'est efficace, vu comment la sauveuse en moi était en train de bouillir à la lecture. De belles images, des phrases qui sonnent et s'enchainent bien ... J'ai cru voir une tite faute d'ortho, mais on s'en fou ... des fois la répétition est utile (ouverture, fermeture) d'autre fois c'est lourd (paragraphe bar) enfin je trouve ... Quoi qu'il en soit y a du style, ça parle ! Merci pour la fin, trop facile de rester dans le pathos ;-)
Meduse Il y a 2 mois

C'est efficace, vu comment la sauveuse en moi était en train de bouillir à la lecture.
De belles images, des phrases qui sonnent et s'enchainent bien ...
J'ai cru voir une tite faute d'ortho, mais on s'en fou ...
des fois la répétition est utile (ouverture, fermeture)
d'autre fois c'est lourd (paragraphe bar) enfin je trouve ...
Quoi qu'il en soit y a du style, ça parle !
Merci pour la fin, trop facile de rester dans le pathos

[quote="Alextine"]Belle progression ! J'adore le rythme, ça tient en haleine. J'aime beaucoup ce texte[/quote] Merci beaucoup Alextine ! Ça fait très plaisir ! [quote="Meduse"]C'est efficace, vu comment la sauveuse en moi était en train de bouillir à la lecture. De belles images, des phrases qui sonnent et s'enchainent bien ... J'ai cru voir une tite faute d'ortho, mais on s'en fou ... des fois la répétition est utile (ouverture, fermeture) d'autre fois c'est lourd (paragraphe bar) enfin je trouve ... Quoi qu'il en soit y a du style, ça parle ! Merci pour la fin, trop facile de rester dans le pathos ;-)[/quote] Merci pour ton retour ! Oui, je suis d'accord pour la répétition au niveau du paragraphe bar, je vais retravailler un peu ! Encore merci ! :)
Léo Ch Il y a 2 mois

Belle progression !
J'adore le rythme, ça tient en haleine.
J'aime beaucoup ce texte


Merci beaucoup Alextine ! Ça fait très plaisir !



C'est efficace, vu comment la sauveuse en moi était en train de bouillir à la lecture.
De belles images, des phrases qui sonnent et s'enchainent bien ...
J'ai cru voir une tite faute d'ortho, mais on s'en fou ...
des fois la répétition est utile (ouverture, fermeture)
d'autre fois c'est lourd (paragraphe bar) enfin je trouve ...
Quoi qu'il en soit y a du style, ça parle !
Merci pour la fin, trop facile de rester dans le pathos


Merci pour ton retour ! Oui, je suis d'accord pour la répétition au niveau du paragraphe bar, je vais retravailler un peu ! Encore merci !

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