Un furieux sentiment d'impuissance me terrasse, me vide de ma substance à mesure que le temps passe. Je n'ai pas choisi le wagon, ni même la direction et je m'enfonce tout droit dans ce tunnel funèbre en perdition. Une odeur putride plane et lacère l'atmosphère, j'ai la rétine choqué devant ce charnier à ciel ouvert. Je ne me reconnais pas dans ce monde, je n'y trouve pas ma place et je suis… perdu dans le dédale des couloirs de l'angoisse.
Ce train n'a ni queue ni tête, il roule à vive allure et écrase tout sur son passage moteur au bord de la rupture. A l'intérieur c'est la panique, les neurones court-circuitent, ça va trop vite pour rétablir on connaît tous la suite. Maudit sois la race des puissants aiguilleurs du chaos, leur instinct suicidaire et leur penchant pour l'échafaud, coin des lèvres, toujours cette arrogance, ce p'tit rictus, mais ils oublient que pour eux aussi il n'y a qu'un mur comme terminus.
Arrêtez ce train ! Arrêtez ce train ! Je, je, je veux descendre...
Arrêtez ce train ! Le bagne n'a plus rien, plus que du feu et des cendres ! Arrêtez ce train ! Arrêtez ce train, j'ai dit Je veux descendre ! Arrêtez ce train ! La foule le cri, le scande et personne ne veut l'entendre...
Arrêtez ce train, La Canaille.