Sensation gimmick63 — 28 mars 2013 à 20h07

26 mars 2013 @ Zénith (Nantes)

J’ai pris les places à la sortie de l’album MESSINA en septembre 2012, pendant des mois je me suis fait une bulle en attendant le soir du concert, j’ai écouté, analysé, chanté, appris quelques morceaux à la guitare mais je n’avais pas encore compris. Le soir est arrivé, j’ai emmené un pote d’enfance avec moi, un pack de bière pour la route et me voilà partie pour une soirée donc je n’aurais imaginé le voyage que j’allais faire. Arrivé sur les lieux, zénith de Nantes, un monde digne d’un grand concert populaire, là je m’exprimai « Je ne suis pas le seul, il y en a des gens qui ne vont pas bien ». Bu les 3 ou 4 canettes qui restais le long de la file en attente et nous sommes rentré dans la salle, 20 minutes plus tard la lumière se tamise, le son de l’enregistrement d’un morceau de piano de l’album god blesse augmente, un peu plus loin devant dans la fosse, des cris pour annoncer l’arrivé de celui qu’on n’est venu voir, le piano s’arrête, un spot s’allume juste au-dessus du chanteur avec sa guitare et sa voix nous met dans le silence, une écoute approfondie se met alors en route, imprégné par les mots et par cette voix qui pleure à la liberté, comme une substance qui s’introduit en nous et glisse dans nos veines, je ne comprends pas encore mais j’y suis ,je me laisse aller et je ne veux pas en manquer une note même fausse. Une dizaine de texte sont déjà écouler lorsque la lumière se rallume et mon ami me dit « ça y est, c’est fini » Non je ne peux pas y croire des hurlements ce font entendre dans la salle mais personne revient, nous restons dans le doute tout un moment comme si il avait voulu nous mettre en colère, un gros barbue passe devant moi me regarde avec mes yeux abattues et me dit « c’est juste une pause » un sourire me revint et je regarde mon copain « vient on va se péter une binouze au bar » 20 min plus tard le son se remit en marche alors que nous étions toujours au comptoir pour essayer de se faire servir un verre mais le monde avait soif, j’entendais MIA MIAMI et j’étais coincé là. Une fois ma chope à la main on me propose de tirer sur un petit joint avant de rentrer, j’accepta volontiers, je rentre à nouveaux dans la salle, la fosse est pleine et les pilules sont en route, ça commence ,la transe est en moi mon corps fait des bonds les bras montés vers la seine et la rage, l’envie, la liberté, la colère, la déconnection, comme si on m’avait arraché au monde au quel je vis, quel bien être, je m’enfonce dans la fosse pour approcher ceux qui nous permette de vivre ce moment-là, des hurlements sortent de moi pour que le rythme et le son ne s’arrête pas, les paroles des chansons me viennent à moi comme si je les avais apprise par cœur, quelle montée, quelle sensation, quelle poésie, quelle vérité. Si je suis fou, ça veut dire nous sommes des milliers.
Le moment de la tempête à passer, il faut redescendre, Damien revient avec sa voix et sa guitare pour nous conter l’histoire du monde comme si les braises d’un feu nous réchauffait le cœur, la réalité reprend son chemin mais la transe est toujours là, plongé dans les textes de révoltes et d’insoumission ,nous voyageons au son des guitares et des rythmes simples (humanité) comme une bande de pote qui est d’accord pour ne plus vivre comme nous l’avons été. Le concert se termine à Chatillon sur Seine puis le son monte pour vivre ce dernier moment en guitare au son saturé mais propre comme pour se réveiller avec des idées claires. Quel moment, après ce concert je ne pourrais plus être le même homme.
Pourtant le lendemain, nous sommes tous retourné bossé, le monde n’avait pas changer, on reprend nos bonnes petites habitudes et malheureusement ce ne fut qu’un rêve, une échappatoire avec au bout un retour à la société du fric mais cette fois j’ai compris.