http://www.youtube.com/watch?v=HSlZD366GCk<br /><br /><br />j'adore sa voix,<br />ses yeux<br />ses silences <br />et ses chapeaux<br /><br />et ça passe pas!!! <br /><br />
http://www.youtube.com/watch?v=SNqXc-1SfxI<br />
<br /><br />
http://www.youtube.com/watch?v=n0IZNl3Cyzk&feature=related<br /><br /><br />(ressorti du fin fond de l'enfance)
Un jour, il y a dix ans qu'elle marche...<br /><br /><br /><br /><br /><br />pour l'entendre un peu cette folle du siam :<br /><br />Il y a ce livre que j'ai recommencé à lire pour la millionième fois je crois.<br />Le Vice Consul.<br />C'était peu après Septembre.<br />Mais cette fois-ci, je n'ai pas réussi à le finir.<br /><br />Peut être parce qu'aujourd'hui j'y ai entendu autre chose sur cette Folle du Gange,<br />peut être même que je ne l'ai jamais autant comprise qu'à ce point précis de Septembre.<br /><br />Quoiqu'il en soit, le livre est toujours là, inachevé sur sa table, juste à côté du lit.<br /><br />Je ne sais pas pourquoi je l'ai préféré elle.<br />C'est vrai,<br />ça aurait pu être n'importe qui.<br />L'Alsacienne.<br />Ou encore la jeune fille de Nevers,<br />celle qui s'arrache les ongles sur les murs de la cave...<br />Celle qui crie ce nom Allemand sans personne pour l'entendre...<br />Ca aurait pu être très nettement cette folie là je crois.<br /><br />Mais je suis restée figée dans l'histoire de cette enfant du Siam chassée avec son ventre rond.<br />Et soudain,<br />j'ai préféré la splendeur -presque fade- des eaux du Gange,<br />et cette errance sublime à travers la plaine des Oiseaux..<br /><br />Et voilà qu'aujourd'hui je la comprends.<br />Et qu'il y aurait cette marge inavouable en plein coeur de l'histoire.<br />Et voilà soudain que,<br />-moi aussi-,<br />je pourrais être elle.<br /><br />Et j'aurais ce corps anguleux, jeté dans les vallées du Bengale,<br />et, <br />comme elle,<br />j'aurais cette faim affreuse et déchirante,<br />et ce ventre inconsolable,<br />omniprésent,<br />et qui me dévorerait de l'intérieur.<br /><br />J'aurais cette allure de bonzesse émaciée, avalée par la honte,<br />les pieds en sang,<br />et le regard toujours vague.<br /><br />Peut être que certains prendraient pitié,<br />peut être même qu'il nourriraient cette jeunesse<br />-comme il l'ont parfois nourrie elle-.<br />Un bol du riz chaud et quelques mangues,<br />et ce serait comme un soleil brulant qui coulerait lentement dans la gorge.<br /><br />Et toujours ça me reprendrait,<br />comme elle,<br />je crierais à travers la cité :Battambang. <br />Battambang.<br /><br />Battambang,<br />comme un cri d'amour oublié.<br />Battambang,<br />à s'en cogner la tête aux murs.<br />Battambang,<br />les genoux écorchés.<br /><br />Et personne pour entendre.<br /><br />Et moi aussi j'aurais ce rire éclatant,<br />et cette fureur intenable ,<br />cette fureur incroyable de ne pas les voir comprendre.<br /><br />Battambang,<br />et il en faudrait du temps avant que,<br />comme elle,<br />je réalise .<br /><br />Que je réalise qu'il n'y a rien à en tirer,<br />que je suis seule parmi eux<br />et que jamais,<br />-jamais-,<br />ils ne comprendraient.<br />Battambang,<br />à en perdre la tête.<br /><br />Alors,<br />seulement lorsque j'aurais considéré toute la force de mon exil,<br />alors je pourrais être tout à fait comme elle,<br />la Folle du Gange.<br /><br />Et j'irais tête nue,<br />au détour de Calcutta ,<br />crier encore après les gens,<br />leur montrer le ventre,<br />l'absence,<br />l'indicible.<br /><br />Je demanderais encore une fois le chemin de la plaine des Oiseaux,<br />-le chemin pour se perdre -<br />et il n'y aurait encore personne pour comprendre ni pour me répondre.<br /><br />Mon cur sera si lourd,<br />que plus rien de bon ne pourra en sortir .<br />Et j'irais aux abords du Gange .<br /><br />Je regarderais une dernière fois dans le reflet glacé de l'eau<br />la silhouette effrayée de cette folle cachée dans l'odeur des jasmins,<br />je contemplerais les paupières creuses,<br />les mains meurtries,<br />les seins noirs de suie.<br />Je m'enliserais doucement dans cette boue écoeurante du Gange,<br />le corps nu,<br />l'âme à vide.<br /><br />Et là,<br />seulement là,<br />dans cette lumière incroyable du fleuve,<br />je serais à ma place.<br />Je serais reine.<br />Je ne serais plus rien du tout.<br />Rien que le remous incessant<br />-fait de vase, de cendres et de pluie-,<br />qui vient lécher les berges alanguies du Gange.<br /><br />Et au loin,<br />dans le soir mugissant,<br />il y aurait des cris,<br />-Battambang-,<br />et des rires d'enfants,<br />perchés sur le dos des buffles épuisés.<br /><br />Battambang dans la nuit du Siam,<br />dans la plaine des Oiseaux...<br /><br />Et puis,<br />dans une des plus petites cases,<br />il y aurait cette mère,<br />très jeune encore,<br />les seins tout engourdis de lait,<br />et elle bercerait amoureusement son premier né dans son petit panier de palme,<br />et elle lui chanterait la beauté séculaire des forêts du Siam...
http://www.youtube.com/watch?v=laUM85wOcPA
ui veut la silhouette parfaite de Scarlett?<br /><br /><br />moi moi moi moiiiiiiiiiiiiiiiiii!!!!<br /><br /><br />
<br /><br /><br />ou Nathalie<br /><br />
<br /><br /><br /><br />ou Norma Jean ?? <br />
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<br /><br />Il y a ce livre que j'ai recommencé à lire pour la millionième fois je crois.<br />Le Vice Consul.<br />C'était peu après Septembre.<br />Mais cette fois-ci, je n'ai pas réussi à le finir.<br /><br />Peut être parce qu'aujourd'hui j'y ai entendu autre chose sur cette Folle du Gange,<br />peut être même que je ne l'ai jamais autant comprise qu'à ce point précis de Septembre.<br /><br />Quoiqu'il en soit, le livre est toujours là, inachevé sur sa table, juste à côté du lit.<br /><br />Je ne sais pas pourquoi je l'ai préféré elle.<br />C'est vrai,<br />ça aurait pu être n'importe qui.<br />L'Alsacienne.<br />Ou encore la jeune fille de Nevers,<br />celle qui s'arrache les ongles sur les murs de la cave...<br />Celle qui crie ce nom Allemand sans personne pour l'entendre...<br />Ca aurait pu être très nettement cette folie là je crois.<br /><br />Mais je suis restée figée dans l'histoire de cette enfant du Siam chassée avec son ventre rond.<br />Et soudain,<br />j'ai préféré la splendeur -presque fade- des eaux du Gange,<br />et cette errance sublime à travers la plaine des Oiseaux..<br /><br />Et voilà qu'aujourd'hui je la comprends.<br />Et qu'il y aurait cette marge inavouable en plein coeur de l'histoire.<br />Et voilà soudain que,<br />-moi aussi-,<br />je pourrais être elle.<br /><br />Et j'aurais ce corps anguleux, jeté dans les vallées du Bengale,<br />et, <br />comme elle,<br />j'aurais cette faim affreuse et déchirante,<br />et ce ventre inconsolable,<br />omniprésent,<br />et qui me dévorerait de l'intérieur.<br /><br />J'aurais cette allure de bonzesse émaciée, avalée par la honte,<br />les pieds en sang,<br />et le regard toujours vague.<br /><br />Peut être que certains prendraient pitié,<br />peut être même qu'il nourriraient cette jeunesse<br />-comme il l'ont parfois nourrie elle-.<br />Un bol du riz chaud et quelques mangues,<br />et ce serait comme un soleil brulant qui coulerait lentement dans la gorge.<br /><br />Et toujours ça me reprendrait,<br />comme elle,<br />je crierais à travers la cité :Battambang. <br />Battambang.<br /><br />Battambang,<br />comme un cri d'amour oublié.<br />Battambang,<br />à s'en cogner la tête aux murs.<br />Battambang,<br />les genoux écorchés.<br /><br />Et personne pour entendre.<br /><br />Et moi aussi j'aurais ce rire éclatant,<br />et cette fureur intenable ,<br />cette fureur incroyable de ne pas les voir comprendre.<br /><br />Battambang,<br />et il en faudrait du temps avant que,<br />comme elle,<br />je réalise .<br /><br />Que je réalise qu'il n'y a rien à en tirer,<br />que je suis seule parmi eux<br />et que jamais,<br />-jamais-,<br />ils ne comprendraient.<br />Battambang,<br />à en perdre la tête.<br /><br />Alors,<br />seulement lorsque j'aurais considéré toute la force de mon exil,<br />alors je pourrais être tout à fait comme elle,<br />la Folle du Gange.<br /><br />Et j'irais tête nue,<br />au détour de Calcutta ,<br />crier encore après les gens,<br />leur montrer le ventre,<br />l'absence,<br />l'indicible.<br /><br />Je demanderais encore une fois le chemin de la plaine des Oiseaux,<br />-le chemin pour se perdre -<br />et il n'y aurait encore personne pour comprendre ni pour me répondre.<br /><br />Mon cur sera si lourd,<br />que plus rien de bon ne pourra en sortir .<br />Et j'irais aux abords du Gange .<br /><br />Je regarderais une dernière fois dans le reflet glacé de l'eau<br />la silhouette effrayée de cette folle cachée dans l'odeur des jasmins,<br />je contemplerais les paupières creuses,<br />les mains meurtries,<br />les seins noirs de suie.<br />Je m'enliserais doucement dans cette boue écoeurante du Gange,<br />le corps nu,<br />l'âme à vide.<br /><br />Et là,<br />seulement là,<br />dans cette lumière incroyable du fleuve,<br />je serais à ma place.<br />Je serais reine.<br />Je ne serais plus rien du tout.<br />Rien que le remous incessant<br />-fait de vase, de cendres et de pluie-,<br />qui vient lécher les berges alanguies du Gange.<br /><br />Et au loin,<br />dans le soir mugissant,<br />il y aurait des cris,<br />-Battambang-,<br />et des rires d'enfants,<br />perchés sur le dos des buffles épuisés.<br /><br />Battambang dans la nuit du Siam,<br />dans la plaine des Oiseaux...<br /><br />Et puis,<br />dans une des plus petites cases,<br />il y aurait cette mère,<br />très jeune encore,<br />les seins tout engourdis de lait,<br />et elle bercerait amoureusement son premier né dans son petit panier de palme,<br />et elle lui chanterait la beauté séculaire des forêts du Siam...
<br /><br /><br />envie de rentrer chez moi <br /> :redheart: :redheart: :redheart: :redheart: :redheart: :redheart:<br /><br />enfinle chez moi de mes ancêtres<br />(celui avec vue sur la mer)