Tout ça c’est pas de la folie c’est pas des preuves d’amour, c’est de la bêtise et de l’égoïsme. C’est pourtant facile à comprendre. C’est de l’acharnement c’est pas d’l’amour. C’est d’l’acharnement d’enfant gâté, c’est moche. C’est moche parce que ça rend quelque chose de beau devenir mauvais, triste et ça laisse un goût amer. Alors que c’était beau, ça devrait le rester. Même si ça n’est plus. Même si c’est triste, tant pis. Souvent quand c’est beau c’est triste, ou inversement j’sais pas trop. Il faut garder ça comme c’était. Garder ça dans une p’tite boite qu’on ouvre de temps en temps, pas en grand pour pas tout faire sortir, on l’ouvre tout doucement, on jette un œil et quand on ouvre la boite, quand on regarde les souvenirs qui sont dedans, on peut voir un petit sourire se dessiner, on repense aux moments, ceux qui étaient beaux, doux, plein de tendresse, des moments qui ont réchauffé le cœur, qui ont fait rire, pleurer aussi mais c’est l’jeu. Les premières fois qu’on ouvre la boite ça fait mal, on a le cœur qui se serre, on veut l’ouvrir en grand, plonger dedans mais il faut vite refermer, il faut pas se perdre. On y pense un peu, pas trop longtemps, juste un peu, juste le temps de se réchauffer. Et on referme tout doucement, et on garde la boite près de soi, jamais bien loin. Elle est là, on peut l’ouvrir quand on en ressent le besoin, et surtout on l’ouvre seul, c’est notre choix de l’ouvrir ou pas, quand on veut, où l’on veut. C’est notre boite à nous, l’autre ouvrira sa boite de son côté, quand il le souhaitera. Il l’ouvrira aussi, forcément. Peut-être pas en même temps que nous, ou peut-être, ce sera partagé peut-être, ou non. C’est ainsi. Je garde ma boite, sur moi toujours. Et quand j’attends le métro, quand j'suis en soirée ou quand j'suis solo, j’ouvre ma p’tite boite, quelques secondes... Mais je l’ouvre pas trop parfois je sens que c’est trop tôt, et parfois ça soulage. Alors je garde ma boite, toujours sur moi. Plus tard, ça s’adoucira et un jour peut-être que je pourrais l’ouvrir plus longtemps, quelques secondes de plus, quelques minutes. Moins souvent, plus longtemps…
Y’a pas de regrets, y’a rien à jeter. Tout était bon, tout était bien, tout a eu sa place. Il y a toujours une petite voix qui dit « et si ? et si un jour on pouvait recommencer ? » cette petite voix qu’on a envie d’écouter, cette petite voix qui pose une lueur d’espoir dans le cœur. Cette petite voix qui nous fait tomber de haut à chaque retour à la réalité. Je sais pas s’il faut l’écouter...alors j’attends, elle partira ou elle aura raison, je sais pas. Alors oui ça aurait peut-être pu durer, on sait pas. Il faut parfois accepter de ne pas tout savoir, laisser la place à des questions sans réponses. On les aura plus tard, les réponses, elles paraitront évidentes un jour. Un jour…
Demain, les yeux sècheront, doucement, sans qu’on s’en rende compte vraiment.
Cette boite c’est de l’amour. Je la garde, sur moi toujours.