<br /><br />\"On aurait pu s\'y méprendre,<br />à la croisée des chemins...<br />mais il reste toujours là,<br />en plein milieu du rêve,<br />ce piano d\'ébène,<br />comme une ligne tracée à la cendre dans l\'aurore,<br />et vous,<br />Sublime Tulipe Noire,<br />vous et vos détours improbables en calèche,<br />vous,<br />et puis ces images,<br />ces paysages que j\'ignore encore,<br />ces lieux que je connais pourtant par coeur,<br />de vous à moi,<br />comme un secret,<br />mais sans y être jamais allée...<br />Et Précy,<br />et Drouot,<br />l\'odeur des dahlias mauves dans l\'allée,<br />défraîchis depuis des lustres déjà...<br />Et puis, vous savez bien,<br />vous savez bien qu\'un jour j\'irai,<br />j\'irai voir, moi aussi, si le ciel s\'étonne toujours sur le canal Saint Martin,<br />j\'irai pour vous,<br />pour votre absence,<br />pour ces arpèges qui papillonnent dans ma tête,<br />et qui n\'en finissent plus de résonner dans toutes mes nuits...<br />Madame,<br />je vous aime.\"<br /><br /><br /><br /><br />***********************<br /><br />\" Que je vous dise, j\'ai quinze ans et c\'est la traversée du Mékong ....sur le Bac, le Bac des livres...\"<br />M.D.<br /><br />C\'est déjà la chaleur infernale de l\'Indochine,<br />la langueur des traversées du Mékong dans ce bac indigène,<br />c\'est Anne Marie Stretter qui se meurt d\'ennui dans ses robes volages,<br />la Léon-Bollet qui attend dans la pénombre le départ de l\'enfant,<br />et son coeur qui explose,<br />et son coeur qui dégouline dans l\'horizon.<br /><br />Il y a aussi, quelque part, ce cri d\'amour,<br />le Vice-Consul qui tire à tout jamais sur les jardins de Shalimar;<br />et dans cette odeur de fleurs,<br />dans l\'ivresse des JasminS,<br />on respire la poussière de la lèpre.<br /><br />Et puiS, cette Folle qui appartient au Gange,<br />perdue pour toujours dans la plaine des oiseaux,<br />-comment fait-on pour se perdre au juste?-<br />et ce rire effrayant<br />et toutes les cantates étranges qui bercent le Siam...,<br /><br />C\'est là,<br />c\'est dans la chaleur des corps,<br />dans la ville,<br />-dans le crime aveuglant- ,<br />dans la peur de la nuit,<br />de cette nuit du fauve qui n\'en finit pas de flêtrir<br />juste ici,<br />à la pointe du coeur...<br />C\'est la même folie partout qui hurle,<br />et suinte à travers tous les murs, à travers tous les postes de Brousse.<br /><br /><br />**************************************<br /><br />***Je ne reconnais rien de ce qui a pu être dit sur elle. L\'écriture courante s\'est très vite éloignée du sujet et elle lui est devenue terriblement extérieure. Elle n\'a plus aucun rapport à l\'image ni même au silence qui déterminait à lui seul le véritable intérêt du récit. La plaie était évidente, la trahison était déjà là, dans la forme première du texte.<br /><br />***Je la préfèrerais perdue, mêlée d\'ombres, sans limites possibles...Elle n\'était pas faite pour s\'exposer au monde, mais pourtant elle s\'est retrouvée là, elle a habité ce lieu commun à tous les livres et elle s\'est portée au devant du mot, elle s\'est couchée sur le bord du chemin, comme un détail insoupçonné du paysage. Je la retrouve mélangée à la profondeur de l\'azur, à l\'immensité impardonnable de son désert, de ses ruines. Sanguine. Incontrôlable.<br /><br />***Et elle danse inévitablement à l\'envers du soleil, collée à sa rive absurde, et elle porte son corps dans les cendres du Pacifique, et s\'engouffre au c